‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 186 sur 281 · CHAPITRE X L ÉLOQUENCE SOUS LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE X L ÉLOQUENCE SOUS LA RÉVOLUTION

Sommaire : L'éloquence de la chaire n'a plus d'illustres représentants au dix-huitième siècle, mais la Révolution va développer i eioquence politique.

Mirabeau (1749-179O tient la première place à l'Assemblée constituante. Il est d'un tempérament excessif ; il mène une vie tievreuse et romanesque ; il acquiert les connaissances les plus variées. Nommé député du Tiers, par Aix et Marseille, il prononce un grand nombre de discours. Il est à la fois logique et passionné. * ^ ^

20 Labbé Maury a de l'ardeur, mais trop de rhétorique : Barnave est plus serré ; îsnard prononce un beau discours sur l'émigration (1791).

3- Le plus célèbre des Girondins ^ergniaud [iibZ-\iQ;i)Aov,l les discours sont pleins de chaleur et de précision. - A la Convention, il faut encore nommer Danton, Robespierre, etc

4° Parmi les journalistes: Camille Desmoulins, André Chénier Marat, etc. Enfin, les Mémoires de Mme Roland nous révèlent une des plus belles âmes féminine^ de cette époque troublée.

Le dix-huitième siècle n'a pas connu de grands orateurs religieux, comme Bossuet, Bourdaloue et Massillon. Bien entendu, la prédication ne fut jamais interrompue, et la chaire chrétienne ne manqua ni d orateurs distino-ués ni d'auditeurs délicats. Un seul nom a surnagé, celui 'du P. Bridame (f 1/67), missionnaire véhément et hardi qui n'a jamais publié ses sermons. L'abbé Maury, dans

(1) Nous renvoyons l'étude de la lilléralure sous la Révolalion au chapitre où nous étudions celle du Premier Empire • ces deux hltéralures ont en effet des caractères communs et forment un groupe homogène jusqu'en 1^30.

l'éloquence sous la révolutio:: 685

son Essai sur léloquence de la chaire, nous a conservé de lui Texorde d'un sermon prononcé à Saint-Sulpice, et qui, malheureusement, est en grande partie l'œuvre de Maury lui-môme ; au moins, dans ce pastiche, peut-on trouver l'écho de cette éloquence qui fit sensation.

Mais, à la fin du siècle, la tribune politique devait à son tour avoir ses orateurs. L'ancien régime ne laissait aucune place à la liberté de la parole. Combien de grands talents furent ensevelis dans le secret des Parlements (i) ! La réunion des États généraux offre tout d'un coup à ces grands talents l'occasion de se développer en public ; et surtout elle leur donne une admirable et féconde matière.

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