VI. — Le Réalisme
Par réaction contre le romantisme, se développe, à partir de 1850 environ, le réalisme, qui devient plus tard le naturalisme.
^ 4« Au subjectivisme, à V individualisme, au moi, du romantisme se substituent : Vobjectivisme, V impersonnalité de l'artiste. — Sur ce point, le réalisme est un retour ' l'esprit classique.
(1) Sur la définition et la discussion du romantisme par le^ contemporains, de 1815 à 1830, voir notre Presse Uiîéraire sous la Restauration.
TABLEAU GÉNÉRAL DU XIX* SIÈCLE
Mais, tandis que le classicisme s'en tient à la nature psychologique, générale et choisie, le réalisme observe et reproduit la nature entière, extérieure ou intime, telle *qu'elle se présente, et sans rien en retrancher. Le réalisme est documenté et intégral,
3° Le réalisme n'est pas esthétique, il §§t scientifique ; il ne se propose aucune thèse ; il est essentiellement amoral et indifférent .
4^ Le réalisme se trouve en contradiction avec ses principes, en proportion même du talent de l'écrivain. De deux ,>choses Tune : ou bien le poète et le romancier font de la photographie, auquel cas ils ne comptent point ; ou bien ils sont des artistes, et ils déforment le réel pour le réorganiser. Le plus célèbre des naturalistes, Ém. Zola, définit son art: « La nature vue à travers un tempérament ».
VIL — La presse.
D'ailleurs, tous ces goûts sont plus ou moins satisfaits et excités par la presse. Le développement prodigieux des journaux n'est pas dû seulement à la spéculation, qui s'est emparée, pour l'exploiter à gros bénéfices, de la 'banale curiosité des badauds. La presse correspond à l'une des conquêtes de l'esprit public après la Révolution : le droit de tout savoir pour tout discuter. Ce droit, bâillonné par le premier Empire, est un de ceux que les libéraux de la Restauration réclament avec le plus d'instance; et l'on mesure assez naïvement, en France, le degré |de liberté réelle à la liberté des journaux. ' La politique y occupe sans doute la plus grande place. Mais les journaux ont une réelle importance dans l'histoire littéraire du dix-neuvième siècle. Par les comptes rendus d'ouvrages, par les feuilletons de théâtre, ils vulgarisent et soumettent à la discussion générale et immédiate toute la production intellectuelle. Ils transforment certains genres littéraires qui prennent place dans le journal : la nouvelle, le roman-feuilleton qui se découpe en tranches et devient un genre à surprises, à secousses, à style voyant et brutal. De plus, la morale, la sociologie] la science même, qui déjà, au dix-huitième siècle, étaient
^- f LITTERATURE tRANÇAlSt
sorties des gros traités didactiques^oiir devenir d^. brochures, s'amincissent- en aHicL; et l'on prend 'habi tude de résumer vivement, clairement, à l'usaK rnuhlt ces questions s difficiles Au nninf hIT ^'"s^!^^" public,
<^li J,<5Cori,uaii c. — Les écrivains, de leur côté se mpHi^nt par nécessité .dè.tnéti^ft Bi^er delouï; un /^^^ a travers, sans spécialité bien déïèrminéô rlé lSstï passe, par droit d'avancement, du reportage à la Sue La langue,si elley -gagn^en-rapi-diTé et en clarté se
au dix.neunème siècle et ne cessera plus d'être une ?orce: admirable deslinée à répandre dans toutes les cïasses de ' la société l'instruction et le libéralisme
Aux journaux proprement dits, il faut ajouter les revues dont les plus célèbres : Revue des Deux-Lndes Relue de ■ Pans, Correspondant, ont donné au public, sous .ne Jomfe ^ plus sérieuse que le journal, plus pro,„p/e que le îivre un l^i^^^''^'- 'con^omiauelT'o^ ,