‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 85 sur 281 · THÉOLOGIENS. — HISTORIENS. — POLITIQUE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIENS. — HISTORIENS. — POLITIQUE

Traité de Vamoar de Dieu. 11 lit, en 1618, un nouveau voyage à Paris ; il fonda, en 16^20, Tordre de la Visitation avec Mme de Chantai; et il mourut subitement à Lyon, en

Ses ouvrages. — L'œuvre très considérable de saint François de Sales comprend : — des ouvrages de controverse contre les protestants, — des Sermons (dont nous n'avons probablement pas le texte original), — des Entretiens spirituels (recueillis par les religieuses de la Visitation d Annecy, et d'une authenticité souvent discutable), — des Lettres, dont le texte n'offre pas non plus des garanties suffisantes (1), — enfin ses deux plus célèbres ouvrages, les seuls qu'il ait publiés lui-même : ï Introduction à la vie dévote (1608) et le Traité de Vaniour de Dieu (f616).

L' Introduction à la vie dévote est un de ces livres qui se sont faits d'eux-mêmes, au jour le jour, et qui tirent une partie de leur prix de ce qu'ils ne sont pas proprement un livre. C'est tout simplement la réunion d'une série de lettres de direction adressées, pendant le carême de 1607, à Mme de Charmoisy, d'Annecy. L'intérêt de ces lettres vient de l'intention même de l'auteur, qui dit dans sa préface : « Ceux qui ont traité de la dévotion ont presque tous regardé l'instruction des personnes fort retirées du commerce du monde, ou au moins ont enseigné une sorte de dévotion qui conduit à cette entière retraite. Mon intention est d'instruire ceux qui vivent en ville, ès ménage, en la cour, et qui par leur condition sont obligés de faire une vie commune... » De là, l'immense succès de cet ouvrage ; chacun voulut faire son profit de cette dévotion pratique, et devenir, comme Idi Philothée à laquelle sont dédiées les lettres, une âme d'élection, sans renoncer au monde. On n'était pas moins séduit par le charme du style, d'une exquise douceur, abondant en figures aimables, en images pittoresques, non sans une pointe de préciosité. — L'Introduction se compose de cinq parties : dans la première, l'auteur définit la vraie dévotion et les moyens de la désirer, — dans la seconde,

(1) Tous ces ouvrages ont été publiés après la mort de saint François de Sales (1622),

il donne divers avis pour Vélévalion de Vâme à Dieu par r oraison et les sacrements, — dans la troisième, divers avis louchant Vexercice des vertus (c'est la plus considérable et la plus pratique ; il n'y a pas dans ses avis moins d'esprit que de sagesse), — la quatrième est consacrée aux tentations, — la cinquième aux exercices propres à renouveler Vâme et la confirmer en la dévotion.

Le Traité de V amour de Dieu, adressé à Théotime, est ud ouvrage plus profond, au point de vue de la doctrine. U\ Yrdie charité y est définie avec une finesse souvent subtile, mais aussi avec force et sûreté. Saint François de Sales y conduit l'amour de Dieu jusqu'aux limites extrêmes du mysticisme orthodoxe ; il s'arrête au point où Fénelon devait le reprendre pour en faire le quiétisme.

Autres écrivains catholiques. Prédicateurs. Le cardinal du Perron (1556-1618) est, à rencontre de Calvin, un protestant converti au catholicisme ; il eut à son tour une grande influence sur la conversion de Henri IV. Il est resté surtout célèbre par son oraison funèbre de Ronsard, mais c'était à la fois un érudit et un apologiste ; à ce dernier titre, il est un précurseur de Bossuet. — Nicolas Coeffeteau (1574-1623) est connu, lui aussi, par une oraison funèbre, celle de Henri IV. Il ne prit pas une part moins active que du Perron à la polémique contre les protestants. Au dix-septième siècle, on vantait son Histoire romaine (1621), où Vaugelas aimait à prendre, ainsi que dans Amyot, des exemples qui font autorité. — Aucun prédicateur catholique du seizième siècle, à l'exception de saint François de Sales, ne mérite une place dans I histoire de la littérature. Le mauvais goût, l'érudition profane, la violence avaient envahi la chaire chrétienne.

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