VI. — Les influences extrinsèques
Parmi les iniluences historiques et sociales qui se sont exercées sur les écrivains et qui ont pu modifier, à de certains moments, leurs idées et leur style, il faut citer :
1° Les querelles religieuses, jansénisme, qitiélisme, persécution des protestants. Chez les plus grands écrivains, on en sent le contre-coup. Non seulement Bossuet, Pascal, Fénelon, mais Bacineet'Boileau sont fortement influencés par les affaires religieuses.
(1) Cf. Roger Peyre, Hisloire générale des Beaax-Arls. Pans, belagrave.
TABLEAU GÉNÉRAL DU XVII« SIÈCLE
2^ Les revers el la misère de la fin du règne, — On no comprend ni Fénelon, ni La Bruyère, si l'on n'y sent un douloureux écho de la décadence du grand siècle. A plus forte raison, Saint-Simon.
So Les miérahires étrangères. — La littérature italienne, avec le cavalier Marin et les auteurs de pastorales {le Tasse, Guarini), influence la première moitié du dix-septième siècle. Corneille et ses contemporains imitent la littérature dramatiqu^ii des Espagnols, qui jetait alors son plus vif éclat (Cervantès est mort en 1616 ; Guilhen de Castro, en 1630 ; Lope de Yéga, en 1635 ; Alarcon, en 1639 • ïirso de Molina, en 1648 ; Caldéron, en 1681). Le théâtre comique continuera d'imiter les Espagnols jusqu'à la fin du siècle. — Mais d'une manière générale, à partir de 1630 la France s'affranchit de toutes les littératures étrangères! Molière avait commencé par l'imitation italienne, mais (sauf un retour à l'Espagne avec Don Juan) il est français La Fontaine traduit d'abord Boccace etl'Arioste; mais dans ses Fables, il n'est plus disciple que des anciens' Ni Racine, m Boileau, ni aucun de nos grands prosateurs ne s'inspirent de l'étranger. Rien ne prouve mieux à quel point notre génie national prenait possession de lui-même Et cependant, en Angleterre, Shakespeare était mort en 1616, - Bacon, en 1626; Milton publiait son Paradis perdu en 1667, - Dryden, ses tragédies et ses ouvrages de critique, et mourait en 1700, — Locke donnait en 1690 son Essai sur Venlendemenl humain. Mais c'est au dix-huitieme seulement que tous ces grands écrivains an^^lais devaient pénétrer dans notre pays.