AVERTISSEMENT
A chacune des rééditions de ce livre, nous n'avons pas manqué de le revoir, de le corriger el de l’augmenter, afin de le lenir au courant des dernières recherches de lPhistoire lilléraire el de l'adapter aux besoins de l’enseignement. Cetle fois, il ne s’agit plus seulement de corrections de détail, mais d’un complet remaniement. Le 1ravail, d'où esl sortie la nouvelle édition que nous présentons au public des écoles,
en fail en grande parlie un livre nouveau.
Il va sans dire que l'esprit en est resté le même et tel que l’'annonçait l'avertissement de la première édition. Écrivant pour les classes, le souci d’étre utile aux élèves nous a seul guidé dans le choix de notre méthode et l’adaplion de notre plan. Sur chaque sujet nous avions le devoir de dire lout l'essentiel, mais en nous imposant des sacrifices qui nous ont paru non moins nécessaires. Ce que les jeunes gens doivent emporter du collège, ce sont des nolions précises el une vue d'ensemble faisant ressorlir les grandes lignes de l’histoire de notre littérature, et permellant d’en apercevoir le mouvement et la continuité.
Mais si l'esprit général de l'ouvrage el la disposition des malières n'ont pas changé, il n’en est pas de méme du texle qui a élé entièrement remis sur le mélier. Il n’est pas un chapitre qui n'ait élé plus ou moins modifié. Plusieurs on! élé complètement refails, lels ceux qui sonl consacrés à Voltaire, à J.-J. Rousseau, à Chateaubriand, au théâtre
romantique, Maintes lacunes ont élé comblées. La partie mo-
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derne a élé poussée jusqu'aux exlrémes limites où peul
s'étendre un livre classique.
Enfin, nous avons introduit un élément nouveau qui, en s'adaplant au lexte, lui sert de vivant commentaire : une illustration composée surlout de portrails, mas aussi de scènes el vues de demeures et de lieux célèbres, évoquant dans leur cadre les œuvres et les hommes.
Nous soumettons notre livre ainsi revu el refondu aux maîtres de l’enseignement en souhaïilant qu'il leur paraïsse digne de leur suffrage, mais aussi en les assurant de notre vive gralitude pour les critiques qu'ils voudront bien nous
adresser et dont nous serons heureux de profiter.
Sous celle nouvelle forme nous nous sommes efforcé d'offrir aux élèves des collèges et aux éludiants de lettres un insirument de travail aussi pratique que possible, sans oublier les élrangers si juslement sensibles à la clarté de l'exposé. Nous serons largement récompensé de notre effort si nous avons réussi à inspirer aux uns el aux autres l'amour de nolre lilléralure, el l'admiration due au génie français pour son rayonnement ininlerrompu à travers les
siècles.
René Doumic.
JONGLEURS ET JONGLERESSES (d’après une miniature du xt s.).
À gauche, un ménage de jongleurs en train de donner une séance dans un château, à droite jongleresse jouant du psaltérion.