I. — LE DRAME. LES MYSTÈRES
En France, comme en
Grèce, le drame est né dans
Les origines : le drame les cérémonies du culte. liturgique. Le culte chrétien est essentiellement dramatique : Ja
messe, qui comprend action
et dialogue, est un drame. Sous sa forme primitive, Je drame fait partie de l'office, et n’a d’autre objet que d'en accroître la pompe et l’éclat. L'Église est pour le peuple du moyen âge la maison, où, réuni dans les mêmes pensées et dans les mêmes espérances consolantes, il passe une partie de sa vie, la meilleure, Les
LE THÉATRE. ea offices les plus longs sont ceux qu'il préfère. C’est pour répondre à ce désir que le clergé, À certaines Époques, intercale dans l'office la représentation figurée des principaux faits de l’histoire religieuse. Tel est le
Cliché Giraudon
LE MIRACLE DE THÉOPHILE (Bas-relief encastré de l'Eglise de Souillac, Dordogne)
A gauche, Théophile vendant son âme au diable, à droite, le démon réclame sa prise ; mais, au-dessus, Ja Vierge accourt au secours du pécheur et efface sur le contrat les engagements du
diacre endormi.
Drame liturgique. On le représentait surtout {ors des grandes fêtes. À Pâques, le drame de la Passion que. devait par la suite reproduire le théâtre des mystères,
pour lui donner un si ample et magnifique développement. À Noël, le drame des Pasleurs : imaginez les Crèches encore aujourd’hui figurées dans nos églises, mais animées et mises en action ; le drame de l’Époux ou des Vierges sages et des Vierges folles : à la fin les démons s'emparent des Vierges folles et les entraînent avec eux'; le drame des Prophètes, où l'on voit défiler tous ceux qui ont annoncé la venue du Christ, depuis Isaïe et David, sans oublier Virgile et la Sibylle,
Le drame liturgique n'est d'abord que la mise en action et