‹ Histoire de la littérature, françaiseChapitre 132 sur 323 · II. — La Comédie îtalîeniie en France · texte numérisé non relu

II. — La Comédie îtalîeniie en France

Sous Henri III, s'établissent en France des troupes de comédiens" italiens. Molière, pendant sa jeunesse, avait pu voir jouer à Paris quelques-uns des plus célèbres : Scaramouche et ïrivelin. Pendant son séjour à Lyon, il eut l'occasion d'assister à des séries de représentations données par des troupes italiennes. Enfin, quand il revint à Paris, en 1658, il trouva la salle du Petit-Bourbon occupée par des Italiens, et il fit alterner ses représentations avec les leurs. On ne saurait donc se dispenser de signaler la comédie italienne dans une étude sur Molière, d'autant plus que celui-ci lui a emprunté d'abord des sujets, puis des procédés d'intrigue et de style. Le genre dans lequel triomphaient les Italiens était la commedia dell'arte, genre dérivé, croit-on, des vieilles atellanes. Des types fixes : Pantalon, le Docteur, le Capitan, Horace, Isabelle, Francisquine, auxquels il faut ajouter des types locaux : Polichinelle (Napolitain), Arlequin (de Bologne), etc., se retrouvaient dans toutes ces pièces. L'intrigue était arrêtée d'avance; les acteurs improvisaient le dialogue. Sans doute, ils avaient beaucoup d'esprit, mais ils se faisaient très vite un fond de lieux communs dramatiques faciles à placer un peu partout. Et quand ils avaient joué dix ou vingt fois la môme pièce, ils devaient savoir par cœur leurs improvisa lions. La plupart de ces pièces sont des histoires de vieux tuteur dupé, de jaloux trompé, de pédant joué. Elles sont surtout remarquables par la vivacité de l'action; comme caractères, il n'y a que des esquisses (2).

(1) Morceaux choisis, 2« cycle, p. 514.

(2) Sur la comédie italiemx', cf. L. Moi.and, Molu're et In r.ùiirdir ilatienne. Paris, 1867.

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