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ORATEURS ET ÉCRIVAINS POLITIQUES. JOURNALISTES

les plus littéraires (on y voit collaborer A. Dumas, F. Soulié, Th. Gautier, Méry, etc.). Sa femme, née Delphine Gay, célèbre par ses poésies et par quelques pièces de théâtre {Lady Tartufe, L'École des Journalistes, La Joie fait peur, etc.), collabora à la Presse sous le pseudonyme de Vicomte de Launay.

Prévost- Paradol (1829-1870), qui mériterait aussi une place parmi les historiens et les moralistes, fut, dans le Courrier du dimanche et dans, les Débats, un courtois mais redoutable adversaire du second Empire.

Louis Veuillot (1813-1883) est célèbre surtout pour la part qu'il prit à la rédaction de l'Univers, journal catholique, où il se montra d'une violence extrême contre tous les partis. Nous n'avons pas à apprécier ici son rôle politique. Comme pamphlétaire et comme écrivain, Veuillot a du génie. Son vocabulaire est à la fois très riche et très français ; son style a une variété drue et vigoureuse qui dépasse la fine et sèche précision de Courier ; il est aussi simple et aussi tendre dans sa Correspondance, qu'il est ardent et éloquent dans ses articles et dans ses livres (1).

Le journalisme contemporain, qui a absorbé et gâché une foule de talents distingués, n'offre pas, en dehors de la critique dont nous parlons ailleurs, un nom égal à ceux que nous venons de citer.

A. Chabriek, les Orateurs politiques de la France, des origines à i830. Hachette.

M. Pellisson, les Orateurs politiques de la France, de 1830 à nos jours. Hachette.

Joseph Reinach, le Conciones français: r éloquence française de la Révolution à nos jours. Delagrave.

V. Glachant, Benjamin Constant sous l'œil du guet. Pion, 1906.

Histoire de la littérature française (Julleville, Colin), t. VII, chap. .XII (par M. Henry Michel); t. VIII, chap. xi (par M. Henry Michel), et chap. X (par Léo Claretie).

(I) Morceaux choisis, !«■• cycle, p. 573; 2^ cycle, p. 1257. .

SOMMAIRE

1" Scribe (1791-1861) donne 400 pièces, de 1810 à 1861-, il commence par le vaudeville en un acte, puis compose des comédies en cinq actes. — C'est un observateur spirituel des modes et des mœurs du jour, et surtout un habile construcieur d'intrigues II excelle à éviter le côté pénible de ses sujets. Ses meilleures pièces sont ses comédies historiques [Bertrand et Raton; le Verre d'eau). —Autour de lui, entre 1830 et i848, une foule d'auteurs traitent des sujets sérieux et hardis, et sont les |)récurseurs d'Augier et de Bumas (ils.

2" Emile Augier (1820-I88y) s'établit le défenseur de la morale et de la lamille. Il soutient des thèses bourgeoises dans Gabrielle, Ceinture dorée, les Lionnes pauvres, etc.. Il introduit de la politique danâ le Fils de Giboyer^ et on sent l'inlluence de Dumas tils dans les Fourchambault. — Ses deux chefs-d'œuvre s-nt : ie Gendre de M. Poirier (1854) et Maître Guérin (1864). Style incisif et ferme; parlois trop d'esprit.

3" A. Dumas fils (1821-1895) soutient au théâtre des thèses généreuses mais paradoxales, en particulier sur le mariage et le divorce [les Idées de iW"* Aubroy, la Princesse Georges, la Femme dB Claude, l'Étrangère, Denise...). Il fait de la scène une Iribune, mais il est lefîli de Dumas père et il a 'les qualiiés dramatiques de fond, sinon de forme; ses personnages raisonnent trop, et font des mots.

4" Labiche excelle dans le vaudeville» où il met souvent une philosophie très pénétrante [le Voynge de M. Perrichon, 1860): — "V. Sakdou est le meilleur disciple de Scribe; il réussit particulièrement dans la comédie historique, et s'élève au grand dans quelques drames [Patrie, 1869). — Éd. Pailleron donne un piquant tableau de la société précieuse du dix-neuvieme siècle {le Monde où l'on s'ennuie, 1881).

5° Le Théâtre libre (1887-1895) représente des pièces réalistes, et

révèle quelques vigoureux tempéraments dramatiques (Ancey, Fabre, Céard). — Une réaction se fait par le théâtre idéaliste et poétique de M. Edm. Rostand {Cyrano de Bergerac, 1897).

La Coinrdie, au dix-neuvième siècle, n'est plus, comme pendant la période classique, un genre déterminé, tout k l'ait distinct de la tragédie et du drame ; elle admet tous les sujets, tous les caractères, toutes les conditions, tous les tons. On peut dire qu'elle ne se distingue du drame romantique que par le dénouement, non pas que celui-ci soit toujours chez elle heureux ou gai, mais parce qu'il ne comporte pas (en général) de mort violente. Le nom même de comédie a paru trop étroit à quelques auteurs de la fin du dix-neuvième siècle ; ils ont fait des pièces, tout simplement. Cependant les genres et les espèces ne peuvent s'altérer ni se confondre entièrement. On voit subsister : le vaudeville, la comédie de mœurs (en vers ou en prose), la comédie à thèse, la comédie liistorù^ue, la comédie burlesque, la comédie rosse. Toutes les pièces dont nous allons parler, de Scribe à Sardou et à M. Rostand, peuvent se classer plus ou moins exactement sous l'une de ces étiquettes.

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