V. — Les Arts et les Sciences
Les arts. — Si l'influence de l'Italie se fait sentir sur notre architecture, il y a bien là encore une renaissance française.
TABLEAU GÉNÉRAL DU XVl^ SIÈCLE 181
Chambord, le Louvre furent construits par des architectes français; le château d'Anet et le château des Tuileries, par Philibert Delorme. — Nos architectes, dans les bâtiments civils, abandonnent le gothique, pour revenir à des formes imitées de l'antiquité, colonnes, architraves, frontons, frises, etc. En art religieux, on conserve encore le gothique ; mais quelques églises, comme Saint-Eustache et Saint- Étienne-du-Mont, sont déjà les manifestations très curieuses d'un art nouveau.
Des sculpteurs de génie apparaissent au seizième siècle, qui joignent au sens du vrai, que leur a légué le moyen âge, l'influence des modèles italiens et antiques, et une plus parfaite connaissance du nu. Les principaux sont Germain Pilon, Jean Goujon, Jean Cousin.
La peinture est moins remarquable, et ne soutient pas la comparaison avec celle de l'Italie. Mais les portraits de Clouet sont, en leur genre, des chefs-d'œuvre d'observation et de vie (1).
Les sciences. — Le seizième siècle ouvre l'ère des grandes découvertes scientifiques. Il suffit de rappeler : Copernic qui affirme que la terre tourne autour du soleil; Tycho- Brahé, un des plus grands noms de l'astronomie; Jansen, qui invente le microscope. En mathématiques. Cardan poussa l'algèbre jusqu'aux équations du quatrième degré ; il fut suivi de plusieurs savants éminents. En même temps, l'anatomie est pratiquée par André Vésale et Ambroise Paré ; on découvre la circulation du sang, etc. La médecine française réalise alors d'étonnants progrès.
Mais le plus illustre esprit scientifique de ce temps appartient à l'Angleterre ; c'est le chancelier François Bacon {-j; 1626) qui devait publier, en 1620, son Novum Organum, où il a posé les principes de la méthode expérimentale.
(1) Nous passons très rapidement sur cette question vulgarisée par d'excellents ouvrages. Voir l'Histoire générale des Beaux-Arts, de M. Roger Peyue, Delagraye.
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YI. — Les Infliicne^s extérieures.
Nous avons déjà suffisamment marqué Vinflumce des guérites d'Italie et celle de la Réforme. Il faut encore noter :
Les grandes découvertes géographiques de la fin du quiu' zième et du commencement du seizième siècle (Amérique, route des Indes par le Cap, missions en Chine, etc.), qui ouvrent de nouveaux débouchés à l'activité européenne. De là aussi des mémoires^ relations de voyages^ récits^ etc., qui frappent l'imagination populaire, mais n'ont pas, il faut en convenir, de répercussion sur une littérature trop absorbée par l'humanisme.
Les littératures étrangères. — La littérature italienne exerce une influence prépondérante sur la France, surtout par ses écrivains du quatorzième siècle, Pétrarque et Boccace. On verra à quel point nos poètes et nos conteurs s'en sont inspirés. Nos écrivains politiques étudient Machiavel (t 1527); et les bouffons italiens apportent à la cour de Henri III le goût de la comédie d'intrigue. Les modes italiennes envahissent la cour, V italianisme gâte notre langue. La réaction ne se fera que sous Henri IV. Mais notons ici les dates des principaux chefs-d'œuvre italiens, au seizième siècle : Roland furieux^ de TArioste (1515); le Prince, de Machiavel (1518); VAminta, du Tasse (1571); la Jérusalem délivrée, du Tasse (1575).
D'Espagne, il nous revient (1550-1556) les Amadis, par la traduction d'HERBERAY des Essarts. — C'est en 1572 que le Portugais Camoens (f 1579) donne son poème des Lusiades.
En Angleterre, il suffit de signaler Thomas Morus (f 1535), historien et homme d'État ; Spenser (t 1599), poète exquis et précieux; F. Bacon (f 1626) que nous avons déjà nommé; et des poètes dramatiques, prédécesseurs de Shakespeare, lequel naît en 1564, et commence à donner ses œuvres à partir de 1588. Mais Shakespeare semble avoir été totalement inconnu à la France du seizième et même du dix-septième siècle.
L'Allemagne ne produit, comme ouvrages importants, que ceux de Luther (f 1546), surtout sa traduction de la Bible, — et les poésies de Hans Sac^s (t 1576).