‹ Histoire de la littérature française deu moyen âge aux temps modernesChapitre 23 sur 60 · Ser, V, poiL Cinera , {. xviii · texte numérisé non relu

Ser, V, poiL Cinera , {. xviii

2. Mattillon adlt plus tard et presque dans les mêmes termes : a Vous n'êtes pas le maître absolu de tos biens , et tandis que mille malheureux souffirent, tout ce que vous employez au delà des besoins et des bienséances de votre état est une inhumanité et un vol que vous faites aui pauvres. » {Strm, iwr le peM nombre des élus.)

écorcher le prochain? Pourquoi le mauvais riche a-t-il été damné? n'est-ce pas pour avoir refuse une miette de pain au pauvre? Et vous, non-seulement vous ne donnez rien, mais ce qui est plus intolérable , vous ravissez le bien du pauvre et vous le faites mourir de faim * . »

Citons encore un passage qui mettra plus en saillie toutes les libertés oratoires de Ménot , et où la forme enjouée et le ton sarcastique laissent cependant a découvert l'intention morale de l'orateur. Son but est de flétrir les ruses des flatteurs et de protester contre les succès qu'ils obtiennent. Voici comment il procède : « Les singes tenaient conseil avec leurs épouses et leurs assesseurs -, passe un babouin : Oh! crie le président : vous passez ainsi sans faire honneur k la cour. — Et d'où serais-je tenu de vous faire honneur, à vous infectes et déshonnétes personnes ? Le babouin fut empoigné et sa queue rasée. — Oh ! quel honneur ! quel bonheur d'être de votre cour! Ainsi, dit le renard : aussitôt on lui donne longue queue, ample tunique et le droit de faire ce que bon lui semblera. Maître Jean, allez de même sorte chez le premier bourgeois venu , et dites à la maîtresse du logis : Oh! que vous êtes honnête! Maître Jean, vous porterez l'aumusse, vous aurez une belle queue de renard \ vive qui flatte ! vous aurez même un bénéfice. N'est-ce pas ainsi que cela se pratique aujourd'hui? Quelqu'un se sera fait le complaisant d'une famille, il aura torché les enfants ou les aura conduits à l'école, il a su bien jouer de la langue en louant monsieur et madame ^ il faudra lui donner un bénéfice: et c'est ainsi que se distribuent les biens du Seigneur! Et ce parvenu , lorsqu'il est en haut , ne connaît plus personne : il fait le superbe comme un grand diable ] il dédaigne ses parents, et peut-être ceuK qui sont cause de ce que notre homme possède une telle fortune ^. » Je n'ai pas

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