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FORCE ET DIFFUSION DE L.\ PHILOSOPHIE

La défense est faible : on peut trouver aux philosophes bien des faiblesses, et leurs personnes comme leurs doctrines sont loin

728 LES TEMl'KRAMKNTS ET LES IDÉES.

d'tHre inattaquables; mais il suilit pour les f^randir de les comparer h leurs adversaires. Encore, au début du siècle, avait-on Rollin ' et Uaguesseau *.

C'est un piètre historien que Rollin, et c'est un médiocre orateur que Daguesseau. Mais au moins ce sont des caractères, ce sont deux grands lionnétes gens, avec leur esprit étroit et obstiné; ils savent souffrir pour le bien. Ils forceront l'estime du parti philoso|)hique : d'autant qu'ils sont trop justes, trop modérés, trop scrupuleux pour être dangereux. El, contre leur vouloir, tous les deux servent les causes qu'ils abhorrent. Daguesseau, gallican, janséniste, parlementaire, respectueux de la souveraineté royale, fftil éclater par sa longue disgrâce, par son exil, l'inutilité de la modération : la moralité de cette noble vie, c'est qu'il n'y a plus de milieu entre la révolte et la servitude, et que le despotisme ombrageux des ministres ne tolère môme pas la simple indépendance. Pour Rollin, dans ces histoires anciennes qu'il conte à la jeunesse", il y a du moins une chose que ce vieux martyr du jansénisme, ce doux révolté qui se fit chasser de son collège, casser du rectorat, exclure des assemblées de TUniversité, plutôt que d'accepter l'abominable bulle, il y a une chose qu'il voit dans l'antiquité, et il la fait voir, sans se douter combien elle est subversive de l'ordre établi : c'est la raide énergie des âmes, le sacrifice volontaire et répété des intérêts, des affections, des existences à une idée de patrie, de liberté ou de vertu. Le cours d'histoire du bon KoUin, avec sa candide inintelligence du passé et son absence de critique, est un cours de morale républicaine; il insinue dans les tintes des sentiments, un besoin d'action libre et généreuse, qui à la longue leur rendront l'ordre social-insupportable. L'honnête Université, offrant Plutarque etTite-Live à l'admiration des jeunes gens destinés à vivre dans une monarchie absolue, a cultivé en toute simplicité de cœur les ferments révolutionnaires dont la puissance apparaîtra après 1789.

Quand Rollin et Daguesseau ont disparu, je cherche ce qui pourra opposer une résistance aux philosoidios : je ne trouve rien. Tout ce qui a l'esprit ouvert et généreux est entamé par leurs

1. Charles Uollin (I66l-l"41), recteur de l'Universilé en 1694, puis principal du collège de Beau vais, dcttlitué en 170'2 pour janscniauie, écrivit dans sa vieillesse le Traité des Etmlvs ( 1726, 4 vol in-12), V Histoire ancienne (1730 et suiv., 12 vol. in-i2 el V Histoire romaine (17;W, 9 vol. iu-l-J) Si les écrivains «e dassuieul selon riioniiclelé, il faudrait le mettre au premier rang : mais si notre iiffaire n'est pas d>; doi'crner des prix de Vertu, nous devons nous contenter d'un rapide el respeclueu.x salut. — A consulter : Vinet, OUI!, ctlé, t. 1 Kerté, Uollin, sa vir, ses œuvres, etc., l'JO-i.

2. i\.-F Daguesseau (16t)S-i7jl), chanoelier, fut e.Kilé enni8 pour avoir combattu le système do Law, rappelé en n-.'O, exilé de nouveau ^;n 172Q, el ne reprit les sceaux qu'eu 1737. Œuvres complûtes, 175^-1790, 13 vol. in-4i Lettres inédiles, Paris, 1823, 2 vol. in-8.

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doctrines, séduit au moins par quelque portion de leur idéal. Des hommes tels que le ministre d'Argcnson *, le magistrat La Cha; lolais, ne sont pas des philotiophca. : ils travaillent à coli' d'eux et dans le même sens. Regardez cet original et puissant mar(]uis de Mirabeau ^ : je le nomme d'autant plus volontiers qu'il a des parties de grand écrivain, dans son style àprc, tounncnté, ohscur, débordant d'imagination et de passion. Ce gentilhomme qui abhorre les « philosophicailleries modernes », qui fait de la religion la base de la société, qui sollicite du despotisme royal des lettres de cachet contre fds, femmes et fdles, cet homme de vieille roche, ce dur, cet intraitable féodal est l'ennemi des prêtres, des commis, des financiers, des courtisans, fait des avances à Jean-Jacques, bénit Qucsnay, ne rêve que progrès, améliorations sociales, bonheur du peuple, et se fait mettre à Vinceunes pour le hbéralismc de sa théorie de l'impôt.

Un autre témoin des tendances de l'esprit public nous instruit combien dès la première moitié du siècle la philosophie avait dt prise sur les nobles âmes : c'est Vauvenargues, mort en 1747 ■''.

Le marquis de Vauvenargues était capitaine au régiment du roi. Il fit la rude campagne de Bohême, qui ruina sa santé, et donna sa démission en 1743*. Il n'avait pas assez de naissance pour se passer de protecteurs, de fortune ou d'intrigue : et ces trois moyens de parvenir lui faisaient défaut. L'ambition, pourtant, le dévorait, une ambition héroïque, née du sentiment de sa valeur et du désir de la faire servir au bien public. Il renonça à l'espoir de devenir un jour capitaine de grenadiers, et sollicita un poste diplomatique. Mais il n'avait pas la platitude banale du solliciteur : il demandait de façon à honorer le ministre qui l'eiit nommé. Le

1. Le marqnis d'Argenson (1694-1757), esprit original et libéral, a écrit des Considérations sur le gouvernement ancien et présent de la France (.\inslerdani, 1764). H a laissé des Mémoires (édit. Rathery, Soc. do l'Hist. de France, 9 vol. in-8, 1859-67). — La Chalolais (nOl-1785), procureur général au parlement de Bretagne, a laissé des Comptes rendus des constitutions des Jésuites (nCl-nOÎ), un Essai d'éducation nationale (1763) et un Exposé justificatif {ilOd-iKil) contre le duc d'Aiguillon, gouverneur de la province, qui l'avait fait emprisonner dans la citadelle de Saint-Malo. Lettres de La Chalotais au duc d'Aiguillon, par H. Carré, 1892.

2. Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau (1715-1789), consacra au bien public tout le temps qu'il n'employait pas à écraser les siens. Sa Théorie de l'impôt le Gt mettre à Vincennes en 1760, puis exiler dans ses terres. Il publia en 1750 l'Ami des hommes, ou Traité de la population (in-4, 6 part., ou 8 vol. in-12). — A consulter : Loménie. les Mirabeau, t. I et II, 1889, in-8. Lucas-Montigny, Mémoires biographiques, littéraires et politiques de Mirabeau, écrits par lui-même, par son père, par son oncle et par son fils adoptif, Paris, 1834. 8 vol. in-8.

3. Œuvres, éd. Gilbert, 2 vol. in-8, Paris, 1857. — A constilter : Prévost- Paradol, les Moralistes français; Vinet, ouvr. cité, t. I; Paléologue, Vauvenargues, in-16.

4. États de service (Archives de la guerre. Registre des Capitaines d'infanterie. Régiment du Roi) : « Lieutenant en second, 15 mars 1735 ; — lieutenant, 22 mai 1735; — capitaine, 23 août 1742; — a abandonné, 1744. » (IS' éd.).

ministre ne le nomma pas. N'ayant plus d'espoir d'être employé, réduit bienlAt après à l'inaction par la maladie, alors l'ambition qui bout en lui prend un autre cours, et tend à la gloire par d'autres effoi'ts. Les lettres apparaissent à Vauvenarpues non seulement comme une consolation de son impuissance, mais comme une promesse d'immortalité. Il mourut trop tôt pour avoir eu le temps d'être autre chose qu'un amateur, ne laissant que quelques écrits d'un talent itiéf,'al et peu mûr, des hiscoiirs, des Caractères, des I{i'flcxions, que complète son émouvante correspondance avec le marquis de Mirabeau et Fauris de Saint- Vincent.

Vauvenar|.Mies n'est pas un moraliste détaché qui observe les hommes pour les peindre. Jusqu'à la fin, l'action fui son but. Il n'écrit que pour occuper son loisir, tromper son impatience; et quand il doit se dire qu'il n'y a pas de rôle pour lui en ce monde, il écrit le rôle qu'il ne jouera pas: c'est un rêve d'action que toute sa littérature développe. Il regarde le monde et la vie, comme un capitaine étudie son terrain. Ce qui remplit ses ouvrages, ce sont ses désirs, ses aspirations, ses inclinations, ses dégoûts, ses haines, ses idées de gloire et de combat; ce sont des confidences échappées dans la fièvre de l'ennui ou le désespoir de l'impuissance. Cette âme tendre, fière, ferme, généreuse, ambitieuse, n'a jamais parlé que d'elle-même, ou des autres par rapport à elle-même, et pour déterminer l'action qui lui donnerait prise sur eux.

Vauvenargues fut un homme de son temps : il eut pour Voltaire une admiration qui toucha profondément le philosophe, étonné d'abord d'avoir fait la conquête d'un capitaine d'infanterie, saisi bientôt de ce qu'il y avait d'intelligence, d'activité, d'énergie dans ce jeune homme, et découvrant peu à peu toute la noblesse de cette àme. Plus jeune que Voltaire de vingt ans, Vauvenargues lui imposa le respect. En revanche, son hommage fut pour Voltaire la première aurore de cette popularité qui aboutit à l'apothéose de 1778 : il n'allait pas seulement au poète, il allait au philosophe, au précepteur et au bienfaiteur de l'humanité.

Irréligieux sans tapage et sans raillerie, déiste avec gravité, Vauvenargues ne connaît d'immortalité que celle de la gloire, et comme il l'a dit, les hommes, la vie présente sont l'unique fin de ses actions. Optimiste malgré les déboires de sa vie, il croit à la bonté de la nature; il estime qu'au total l'effort de l'humanité tend au bien. Agir est la fin de l'homme, et le prix de bien agir est dorme par l'estime des hommes et de la postérité. Mais l'idée originale de Vauvenargues, où se résume toute sa philosophie, c'est le respect des passions. Lui qui a l'air d'un stoïcien, il n'y a pas de doctrine qu'il combatte plus énergiquement, que Vataraxie etoïcienne, J! ne se contente pas d'aimer la nature dans ses in-

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stincts, qui sont les guides de l'aclion : il l'aime dans ses passions, où il voit les agents, les ressorts de l'action. Il ne cesse de répéter que les passions qui sont en nous donnent la mesure de notre énergie morale, el que tout le secret de la vertu est de savoir utiliser, diriger, canaliser ces forces naturelles.

Vauvenargues n'a pas eu d'action sur ses contemporains, dont trois ou quatre seulement, Mirabeau, Voltaire, Marnionlel, l'ont connu '. Mais, tel que ses écrits nous le montrent, nous pouvons l'employer à remplir l'espace qui sépare Jean-Jacques de Kénelon. C'est lui, en etfet, lui surtout, dans la première moilié du xviii" siècle, qui par la nature tendre et passionnée de son àme, par le rôle qu'il assigne dans la vie au sentiment, à la passion, semble continuer Kénelon et annoncer Kousseau; et l'on pourrait dire que son rôle a été de decliri^ftianinfr les idées, les tendances de Fénelon. Cependant il l'aul bien entendre que je n'établis pas là une transmission d'influences, mais seulement des atflnités de nature.

Deux journaux fiii-ent une guerre acharnée à la philosophie : les Nouvelles ecclésiastiques parlaient au nom du 'Lansénisme; le Journal de Trévoux était l'organe des jésuites. C'était des deux côtés, sous des formes plus âpres ou plus doucereuses, même étroitesse d'esprit, même inintelligence des besoins intellectuels du temps, même indigence de talent et d'éloquence, que ne compensaient pas suffisamment la violence et la malignité. Les évêques intervenaient de leur personne, et par leurs mandements lâchaient de barrer la route aux mauvaises doctrines : mais l'épiscopat n'avait plus de Bossuet ni même de Massillon; et Le Franc de Pompignan, l'honnête évêque du Puy, Montazet, l'académique archevêque de Lyon, Beauniont, l'intempérant archevêque de Paris, ajoutez-y tous les Boyer, les Languet, les Montillet, ne pesaient pas, à eux tous, le poids des seuls Voltaire et Rousseau.

Le Parlement n'avaij guère plus Je force conservatrice que l'épiscopat ■ le ièle aveugle de ses magistrats le discréililait sans sauver la religion vii la société; les Gilbert de Voisins, les Orner de Fleury. les Séguier, toujours prêts à requérir contre les Lettres anglaises^ V Encyclopédie, le Bélisaire, VÊmile, comme contre l'inoculation, le jésuitisme et l'ultramontanisnie, avilirent leur compagnie par

1. Ni le ▼ol. in-12 publié en 1746 par Vauvenarcrues, ni la seconde éililion, donnée en n47 par les abbés Tniblet el Se^uy, no 6rent grand bruit. Il se passera cin(|uanl$ ans avant que le public revienne à yaiivenarpueg

le ridicule qui s'attache aux violences impuissantes; ils décuplèrent la puissaiiro des œuvres qu'ils faisaient brûler au pied du grand escalier de leur palais. 11 y avait aussi lt\s ministres et le loi : des lettres de cachet envoyaient à la Bastille, h Vincennes, au For- TKvèque, VoUau'C, Diderot, Marmontel, Morellet, Beaumarchais ; douces et commodes prisons qui donnaient à peu de frais la gloire du martyre! L'autorité se détruisait par ses inconséquences : on cajolait aujourd'hui celui qu'hier on emprisonnait.

Enfin toutes les forces qui devaient concourir à la défense de l'ordre religieux et politique étaient divisées . les jansénistes liraient sur les jésuites, le Parlement faisait échec à la royauté; dans ces discordes, il était rare que les philosophes n'eussent pas quelqu'un avec eux. Voltaire avait la joie de voir des Actes du cleryé, qui le prenaient à partie, brûlés par arrêt du Parlement (1764) : ces actes choquaient aussi le jansénisme de nos magistrats. Choiseul flattait les philosophes en s'appuyanl sur les Parlements, et liguait pour un moment l'irréligion rationaliste avec le fanatisme janséniste contre les jésuites. Un peu plus tard, les Parlements trouvaient Voltaire contre eux du côté du ministère. Nombre de prélats grands seigneurs se désintéressaient de la défense de l'Eglise, coquetaienl avec ses ennemis, dont l'esprit amusait leur esprit, tandis que d'autres ne songeaient qu'à jouir de la liberté du siècle Souvent, d'autre part, les intentions oppressives du pouvoir civil étaient neutralisées par la politesse des agents, qui semblaient s'excuser de faire leur devoir par la façon dont ils le faisaient : des lieutenants de police, des commis de ministère, des censeurs royaux, des intendants, des avocats généraux, des conseillers de Parlement étaient gagnés aux idées des philosophes, se faisaient protecteurs de leurs personnes, atténuaient le danger de leurs publications. Un Malesherbes à la direction de la librairie, c'était [presque] la liberté de la presse '.

Autour des organes ofticiels et des corps constitués, une foule d'individus faisaient la guerre de partisans : en général, ils déployèrent plus d'animosité que de talent. D'inoffensifs savants, Larcher, Foncemagne, Guénée, purent avoir raison sur des points particuliers, sans avoir d'iniluence sur le mouvement général des esprits. Desfontaines, dans ses Observations, Fréron, dans son Année litté^ mire, s'accrochèrent presque au seul Voltaire, y usèrent ce qu'ils avaient d'esprit, de sens, d'honnêteté môme, sans autre résultat ^ue de l'amener à s'avilir un peu dans des polémiques injurieuses. Le Président llénault, homme de conliance de la dévote reine.

1. A consulter : Briinetière. Études critiques, t. Il; les Correspondances et les JUéiiwires du temps; Mémoires de MarmoDtel, Correspondance de Voltaire, etc.

ménageait les philosophes sans les aimer, et ils le ménageaient en s'en défiant. L'excellent Ponipignan, le po»'te, ne réussit qu'à se faire donner un ridicule immortel, universel. Celui qui eut le plus de talent, qui marqua inexorablement toutes les petitesses des philosophes dans ses acres satires, (iilbert, obtint la laveur de la cour, des pensions, un nom littéraire qui n'est pas encore oublié : il n'eut aucune prise sur l'esprit public. Palissot, médiocre auteur et assez plat personna^'e, lit plus de bruit, ayant agi par le théâtre • instrument d'une pieuse coterie, il lit jouer en mai 1700 ses Philosopha^, où Diderot, Rousseau, Mme (leollrin étaient personnellement ridiculisés, où llelviHius, Duclos étaient attaqués dans leurs œuvres. Ce fut une grande clameur dans le camp philosophique . mais Palissot avait eu l'adresse ^e cajoler Voltaire, qui vit avec indulgence les coups pleuvoir à côté de lui, sur ses amis et leurs doctrines. Il leur olirit seulement la consolation de se venger sur Fréron et d'applaudir dans l'Écossaise des personnalités plus injurieuses que celle des Palissot.

L'année 1 760, avec ses deux grandes journées théâtrales, marque le moment où la lutte est le plus envenimée. Le parti philosophique s'est organisé, discipliné; il a ses chefs, ses mots d'ordre, il manœuvre d'ensemble, docilement; opposant intolérance à intolérance, fanatisme à fanatisme, exclusif, étroit, violent, comme les adversaires qu'il combat, il a pris pied à l'Académie française avec Dalembert, qui peu à peu l'y installe, et la lui asservit. Enfin la grande machine qui devait faire triompher la raison, V Encyclopédie, se construisait'. Suspendue pendant dix-huit mois après l'apparition des deux premiers volumes, puis reprise et menée avec ardeur, la publication de V Encyclopédie venait d'être arrêtée de nouveau par le Parlement (17o7j : l'un des deux directeurs de l'entreprise, Dalembert, ami de son repos, s'effrayait, se retirait; m Diderot ni Voltaire ne pouvaient le faire revenir sur sa décision. Diderot s'entêtait : il forçait au bout de huit ans les résistances de l'autorité (1765), remettait l'édition en bon train avec une permission tacite, intéressait à l'entreprise Mme de Pompadour, Richelieu, Bernis, Choiseul, Malesherbes, Turgot, atténuait l'effet fâcheux de la désertion de son collaborateur, abattait à lui seul une effrayante besogne, écrivait, commandait, arrachait les articles nécessaires, et finissait par vaincre. Le dernier volume de V Encyclopédie paraissait en 1772 : les tables et les additions étaient achevées en 1780. En peu de temps l'édition était enlevée en France et contrefaite à l'étranger

L'idée première, comme le succès final, était due à Diderot. Des libraires avaient pensé à une publication sur le modèle de i'Éh y-

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