Voyez les pièces de Jovtllanos el de Moratin
produit par l'inlermédiaire des journaux de Hollando ', très curieusement rédigés par des réfugiés français que leurs idées politiques et relijiieuses disposent a prêter grande attention à toutes les œuvres qui viennent d'Angleterre. Puis s'établissent les rapports directs entre les pays, voyages d'écrivains anglais en France, français en Angleterre *. On continue de traduire nos œuvres en anglais, nous traduisons les œuvres anglaises en français Le pamphlet de J. Collier ^, le Spectateur d'Addison encouragent le goût de moralisation par lequel l'esprit laïque cherche à compenser le vide que laisse l'abolition de l'influence chrétienne. Marivaux, qui s'inspire d'Addison dans ses journaux, fournit par sa Vie de Marianne un modèle à Riehardson, qui, traduit en français par l'abbé Prévost, sert à son tour de modèle à nos romanciers. L'originalité de Sterne fait une impression sensible sur Diderot. Notre théâtre subit l'action du théâtre anglais • Shakespeare peu à peu force les barrières de notre goût; Voltaire, l'abbé Leblanc, Laplace, Letourneur, Ducis le font connaître *, et il arrache parfois l'admiration d*une mondaine renforcée comme Mme Du DefTand. Il tire notre vide et froide tragédie vers l'action animée, pittoresque, violente. Le drame anglais *, à qui La Chaussée ne doit pas grand'chose, exerce une sensible mfîuence sur Diderot, Saurin et d'autres : il donne l'idée et le goût d'effets plus intenses, plus brutaux, d'un pathétique plus nerveux et plus matériel, d'une action plus familière, liant l'impression sentimentale à la minutieuse reproduction des détails de la vie domestique. Au moment où Rousseau remue si profondément les âmes de nos compatriotes, et celles de ses contemporains par toute l'Europe, l'Angleterre nous envoie Thomson, Young. Macpherson ® : les ■ Saisons de Thomson réveillent le goût de la nature chez nos mondains, et nos spirituels peintres des choses champêtres, les Saint-
1. Les Nouvelles de la République des Lettres de Bayle, V Histoire des ouvrages des savants de Basnage de Beauval, les Bibliothèques de Leclerc, la Bibliothèque anglaise de M. de la Hoche. Cf. Texte, ouvr cité.
2. Addison, Prior viennent en France. Voltaire, Montesquieu vont en Angleterre. Le Suisse Murait publie en 1^25 ses Lettres sur les Français et sur les Anglais (son voyage avait eu lieu en 169i-lô95). L'abbé Leblanc écrit de Londres ses Lettres d'un Français, 1745, 3 vol. in-12.
3. Tr. par le P. de Courbeville, 1715, in-12; le Spectateur était traduit dés 171 i.
4. Le Théâtre anglais de Laplace parait de 1745 a 1748, 8 rot. in-12 (les 4 premiers consacrés à Shakespeare) ; le Shakespeare de Letourneur parait de 1776 à 1T82, 20 vol. in-8.