‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 81 sur 504 · L. IV, ch. IV, (p: 248) ;1. V, ch. i.\ (p.346j · texte numérisé non relu

L. IV, ch. IV, (p: 248) ;1. V, ch. i.\ (p.346j

il n'y a réalité. Il faut savoir être honnête n propos, surtout quaml on pourrait faire autrement, et que tout le niunde en jufje ainsi. Voilà encore quelque chose de positif.

En troisième lieu, Commynes se fait une haute idée du pouvoir royal, procurant la furce et la pros|)érité de l'État. Le sentiment patriotique, en son àme froide et pratique, devient l'idée du bien public, (|ui en contient trois autres : extension dans les justes limites, unité sous le pouvoir central, et bon <.'ouverncment du rovaiime. Il a la forme administrative du patriotisme. Sans un mouvement de charité, par esprit d'ordre et respect de la richesse publique, il condamne les cruautés de la guerre, pillages, incendies, massacres ' : il réclame (|u'ou ménage le peuple, qu'on ne le foule pas. 11 prescrit des réformes, comme sur le fait de la justice cl lie la procédure-. Sur un point, il est remarquablement net et formel : il veut (jue le ]»euple consente aux impôts qu'il |)aie. 11 ne parle pas aiitiement que riionnéte Oresme. 11 afiirme que la royauté .sera d'autant plus puissante en France qu'elle sera moins despotique '\

Knfin, il est religieux. Sa femme était dévole, en sorte que l'Église dut lui interdire de faire aucun vœu sans l'autorisation de son confesseur : tant elle avait voué de pèlerinages impossibles, dont elle était obligée ensuite de se faire délier. Commynes lit lui-même une t'ois le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Sa foi donc est sincère : mais, comme il arrive toujours, elle se plie au.\ caractères du temps et de l'homme. Klle ne soutire pas de tous les bons marchéa qu'il fait, pour son maître, et pour lui-même. Positif comme il l'est, s'il garde la religion, c'est qu'elle est d'un usage pratique. Il a bien vu, avant Hossuet, au moment même où le monde féodal s'écroule et où nail la royauté absolue, il a eu le grand mérih; de voir que l'unique frein et contic^poids de cet absolu pouvoir, runii|ue garantie contre les accidents de l'individualité dans la personne royale, était le sentiment religieux, amour de IJieu, ou peur de l'enfer *.

Puis cet homme très intelligent s'est détaché des œuvres où il consuma sa vie : il en a considéré la fragilité, la brièveté, à la lumière de ce fait universel et nécessaire : la mort ^. Et ainsi se retrouve chez lui le second des sentiments généraux du siècle.

Puis il s'est élevé plus haut : et sa vaste expérience concouranl

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