GUILLAUME COQUILLART
) Guillaume Coquillart est né OerS 1450 et mort en 1510, Edit. d'Héricault, 2 00/., 1857. Voir G. Paris, Mélanges de littérature française du moyen âge, 1912, p. 668, A côté des æUOres de Coquillart il faut citer les Arrêts d'amour de Martial d'Auoergne, né Oers 1430, mort en 1508, procureur au Parlement : ce recueil en prose, antérieur de quelques années au poème de Coquillart, est un compte rendu de procès fìctifs à propos de questions galantes, où la plaisanterie a une saOeur très analogue.
Au même mOUOement se rattache un poème de 1872 Oers, /'Amant rendu cordelier à I'observance d'Amours, composé Oers 1440 (Mit. de Montaiglon, S. AT., 188/), qu'on a souoent attribué à Martial d'Auoergne, mais probablement à tort (cf. A. Piaget, Romania, 1905, p. 416).
COQUILLART, qui deviendra plus tard un grave chanoine de I'f.glise de Reims, n'était encore entre 1477 et 1480 qu'un joyeux étudiant inscrit aux cours de la Faculté de Décret ou de droit canon, C'est pour ses camarades et pour les clercs et greffiers du Palais qu'il écrivit dans ces années trois pièces intitulées Ie Plaidoyé d'entre la Simple et la Rusée (1477), I'Enquête d'entre la Simple et la Rusée (1478) et les Droits noUOeaux (1479-1480). La troisième pièce est un code burlesque et scabreux; les deux premières appartiennent à Ia variété des (I causes grasses )1, comme il était d'usage d'en plaider chaque année à la Saint-Martin pour la fête de la Basoche, II s'agit de savoir laquelIe, de la Simple ou de la Rusée, possédera légitimement un galant nommé (( Ie Mignon n. Sur ce thème fantaisiste et tout en parodiant les formes soiennelles de la justice, Coquillart brode avec une verve très débridée, II nous a tracé ainsi un tableau de la vie bourgeoise et galante de son temps, OÙ iI ne faut pas chercher la profondeur de I'observation, mais qui est riche en caricatures alertement dessinées. Coquillart a visiblement imité VilIon, mais iI ne lui a pris que les caractères les plus extérieurs de son style, et sa matière est bien mince.