Saxons
106 QUATpRZIÈME SIÈCLE
: Presque tous les sujets traités dans ces Miracles ^oni étranges et douloureux : ils accusent vivement Tétat tournienté des imaginations à celte époque. On ne voit rien
Idlt; pareil au xin« siècle, qui est, du moins en France, le rpoyen âge à son apogée, à l'état rassis et en équilibre, ^u xiv« siècle tout s'ébranle déjà; en France, on traverse, ious Jean dit le Bon, les années les plus affreuses de notre iiistoire, au lendemain de Poitiers, à la veille de la Jac- /querie, quand le roi est prisonnier, la France envahie et / tous les ordres de l'État prêts à se déchirer.
Vingt-sept de ces quarante Miracles sont accompagnés d'un court sermon en proseS tantôt placé devant la pièce, tantôt intercalé dans la pièce elle-même. On a cru à tort que ces sermons étaient prononcés par un véritable prédicateur; un examen plus attentif montre qu'ils étaient dits par les acteurs et faisaient partie intégrante de la représentation.
»». Dans les miracles de Notre-Dame, le style est souvent plat et prosaïque, mais lorsqu'une pensée généreuse, un sentiment noble, une situation pathétique inspirent l'auteur, il lui arrive d'écrire d'excellentes pages qui méritent de prendre place entre les meilleurs ouvrages en vers de ce siècle, peu fécond, il est vrai, en bons poètes. Nous en citerons quelques exemples.
Dans le miracle de saint Guillaume, ce duc d'Aquitaine, avant de se convertir et de devenir un saint, s'est rendu coupable d'un grand crime : il a expulsé de son siège l'évêque de Poitiers. Saint Bernard se présente à lui et lui reproche l'énormité de sa faute. Il y a là un anachronisme audacieux : car saint Guillaume d'Aquitaine mourut en 813, et saint Bernard naquit en 1091. Le duc reçoit