Sais
Qu'aler ne puis mie un seul pas
Que touz jours avec moi ne soit
Mon bon Dieu qui nul ne déçoit.
Qui me garde et me tient en vie ;
Dont haine as et grant envie.
Et certes tant te vueil je dire :
Ne me saras* tourment eslire*,
Ne mon corps a peine appliquer,
N'en tourmens ma chair répliquer'
Que pour mon Dieu je ne soustieingne
De cuer joyeux, quoy qu'il adviengne.
Ne me cuides que feu ardent,
Ne tourment nul, n'yaue boulant*,
Ne paour*^ de beste sauvage,
La charité en mon courage^
Ne l'amour de mon Dieu estaingne.
NaniP ne ne crois que je craingne,
Que je d'aler soie tardans®
Nuz piez sur ces charbons ardens.
18. A côté de ces pages presque éloquentes, on en rencontre d'autres, dont la simplicité seule et le naturel font tout le charme, et ce sont peut-être les plus originales, d'autant plus que notre théâtre, après le moyen âge, n'a plus rien offert de semblable. Dans le Miracle du Roi Thierri, un pauvre charbonnier raconte comment il a trouvé et élevé trois petits enfants abandonnés dans une forêt; ce sont, à l'insu de tous, les propres fils du roi.
De Sarra^oce m'en venoie, Bien a douze ans ou environ,