AtlHîiiéo. XlII. I». filO
XÉNOGBATE, GRÂNTOR, ETC. 31
lonicien^ le fait vaut la peine d'être noté. En revanche^ on V trouve des exhortations à la manière d'Isocrate
et des traités à la manière d*Aristote, sans parler des poèmes. Toutes ces œuvres nous sont aujourd'hui fort mal connues. Nous n'avons plus un seul vers de Xénocrate, et ses fragments en prose ne nous permettent pas de le juger comme écrivain. Mais ce qu'on y voit, c'est l'effort pour organiser la science, pour en distinguer méthodiquement les parties : la division classique de la philosophie en physique, éthique, dialectique, remonte, dit-on, à Xénocrale ^ On voit aussi dans ces fragments combien il était parfois Pythagoricien de pensée et de langage; un bon nombre d'entre eux ne sont que des variantes de la même idée : « 1 ame est un nombre qui se meut, » ^^j^t àpiduLoç lau-
Polémon et Cratès, qui sont les derniers scolarques dr TAncienne Académie avant Arcésilas, sont moins connus que les précédents et ont laissé moins de vestiges encore *. Polémon est le héros d'une historiette morale souvent contée : dans sa jeunesse, il se livrait au plaisir : un jour, excité par le vin, il entre par dérision dans la salle où parlait Xénocrate: celui-ci fait sa leçon sur la tempérance : Polémon, étonné d'abord, bientôt confus, puis profondément louché, finit par se convertir et devient philosophe à son tour. Xi Polémon ni Cratès no paraissent avoir beaucoup écrit. Diogène ne cile d'eux aucun ouvrage : ce sont avant tout des moralistes pratiques.
Tel est aussi le caractère de Crantor, qui ne fut pas
i. Sexlus Ëmpir. Ado. Malhem., VII, 16.
i. Diogéne Lat'rce, IV. i6-20 et 2l-i3. Cf. Susemihl, Gesch. der Gr, Liter. in d'r Alexandrinerzeil, 1. 1, p 116 et suiv.
scolarquo^ mais qui mérite une mention à cause de sa célébrité *. Horace le nomme à côté du Stoïcien Chrysippc comme un des maîtres reconnus de la morale *. Il était né à Soles, en Cilicie, vers 335. Il fut élève de Polémon. Il avait composé de nombreux ouvrages en vers et en prose. Quelques-uns de ses vers nous restent, mais il n*y a rien à en dire. Parmi ses écrits on prose, aujourd'hui perdus, le plus célèbre était un traité Sur le deuil {Uifl ::£vOoi>;), aureolus etadveràumadiscendus libellus^ dit Cicéron ^ sorte de consolation ou'd'exhortal ion qui a servi do modèle à beaucoup d'autres ouvrages analogues dans Tantiquité. Sa morale était noble, courageuse contre la douleur^ qu'elle ne niait pas, et judicieusement résignée *. Comme écrivain, il était, lui aussi, un disciple d'Isocrato et de Platon. Dans un assez long fragment, tiré d'un ouvrage dont nous ne savons pas le titre, il mettait en scène la Vertu, la Santé, le Plaisir et la Richesse, personnifiés comme dans le célèbre mythe do Prodicos et plaidant chacun leur cause devant les Grecs assemblés ^. C'est un badinage ingénieux, élégant de forme, sérieux d'intention et médiocrement original *.
Pendant que l'Académie unissait ainsi dans un éclectisme subtil les doctrines de Platon à celles d'Aristote et de Pythagore, ou moralisait avec élégance, le Lycée es-
1. Diogône Lacrce« IV, 24-27. Fragments dans MuUach, t. III, p. 139-152.