‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 173 sur 605 · Clément d'Alex., Strom., V, p. 511, C · texte numérisé non relu

Clément d'Alex., Strom., V, p. 511, C

EUPHORION, RHIANOS 243*

gouriques à des mythes mal connus, une érudition labo rieuse au possible, toute l'obscurité proverbiale des oracles, compliquée do pédantisme alexandrin. Si Ton. détache de l'ensemble quelques vers isolés et qu'on les commente avec soin, on y sent du souffle, une sorte de couleur eschyléenne ou pindarique; l'auteur n'est pas sans talent. Mais si l'on essaie de lire l'ouvrage dans sa teneur suivie, on perd pied au bout de peu d'instants, et l'on ne voit plus, dans ce grand effort, qu'une monstruosité. Par ce qu'il a voulu faire et même par ce qu'il a fait, Lycophron mérite une courte mention dans une histoire de l'Alexandrinisme, mais il ne mérite pas davantage.

Les poètes dont nous venons de parler ont ouvert desvoies en tous sens et fixé les traits essentiels de la poésie: alexandrino. Après eux, pendant deux siècles encore; on les imite, on les recommence avec plus ou moins de succès, mais sans qu'aucun nom désormais s'élève décidément au dessus de la foule. Une revue rapide de ces « épigones » justifiera cette observation générale.

L'épopée est représentée par deux noms surtout, ceux d'Euphorion et de Rhianos.

Euphorion naquit à Chalcis, en Eubée, en 276, d'après le témoignage de Suidas ^ Il étudia la philosophie à Athè^ nés, s'enrichit, dit-on, par un amour peu lionorable, et finit sa vie comme bibliothécaire d'Antiochus le. Grand

1. Suidas, EOçoptwv. Cf. Meineke, De Euphorionis vita et scviptis, Dantzig. 1823 ; Susemihl, I, 393-399. Fragments historiques dans G. Mûllor (Didot), Fragm, Uist, graecor., t. III. Fragments épiques dans Mcineke, 4nalecta Alexandrina, Berlin, 18i3. Deux épigrammesdans AnthoL Pal, VI. 279, et VII, 651. (Jacobs, I, p. 189).

244 CHAPITRE IV. — LA lOÉSIE ALLXAXDRINE

(224-187). 11 avait composé, outre un certain nombre d'écritsen prose sur dessujets historiques ^ÂTaxTa, 'V-oy-vy;- [t«Ta laropuà, etc.), divers poèmes narratifs et des épigrammes. Ces poèmes narratifs, qui portent comme titres, enïgénéral, des noms propres (Atovu^o;, 'Tay-ivOo;, *I:7juo- |i.éo(dv, *ApT£[i.tS<i)po;, A7)aoc6evr,;, etc.), se rattachent au genre épique, mais conçu'plutôt selon Tesprit de Callimaquc.. semhle-t-il, qu*à la fagon des ArgonauliqucSk C'étaient des poèmes probablement asaez courts, où les légendes amoureuses, les métamorphoses, les explications mythiques des faits actuels, le romanesque et le rare, tenaient la première place *. Les fragments qui nous en restent ont peu d'intérêt et font peu regretter la perte de Tensemble. Euphorion, comme Callimaque et Lycophron, appartenait au groupe des stylistes savants et obscurs. Virgile, cependant, paraît l'avoir goûté ^, peut-être par respect pour les enseignements de Técole; car Euphorion, ainsi que les autres écrivains du même genre, était fort étudié par les grammairiens. Les deux épigrammes que nous avons do lui sont conformes à sa réputation.

Rhianos, né en Crète, fut contemporain d'Ératosthène ^ c'est-à-dire qu'il écrivit dans la seconde moitié du m® siècle. 11 vint à Alexandrie, où il conquit une certaine réputation de philologue : son édition de V Iliade et de VOdyssée, la première après celle de Zénodote, est quelquefois citée par les exégètes postérieurs. 11 composa aussi des épigrammes, mais il fut surtout poète épique. Il donna une Héracleide^ei des poèmes intitulés Wyatxxy 'llXiaxx, ©eTcaXux, MeGOTiV.axx, où il mettait en œuvre

i. Cf. Bohdc, Griech, Roman, p. 90.

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