Épigr. 127 (Jacobs
dans ses œuvres aux passions qui ont rempli sa vie Ces passiims ne sont pus, en {.^énéral, (i*un ordre trt'^s relevé. Les éphèbes et les courtisanes qu'il chante dans ses vers n'étaient pas de nature à lui ins[urer des accents sublimes. Quel(|ues-uns de ces vers sont obscènes: d'autres sont jratés par le bel-<'sprit- Beaucoup ont un mérite de sincérité dans l'émotion, d'ardeur naïvement sensuelle, d'admiration pour la beauté, d'<»sprit et de verve ingénieuse, qui suffit à les mettre fort au-dessus de la plupart des œuvres du même temps. Quelquefois, il s'élévo plus haut encore : il a des accents d'une mélancolie et d'une tendresse touchantes. Quand la mort lui eut ravi lléliddora, qu'il avait souvent chantée pour sa beauté et pour son esprit, il sut dire sa tristesse en des vers vraiment braux * :
Que mes larmes, jusque sous hi terre, Héliodora, aillent vers toi romuie un présent, comme une relicjue de mon amour dans l'Adès, larmes cruelles à verser. Sur la tombe tant pleurée, je répands la libation de mes re;j[rets, souvenir de mon amour. Moi, Méléagre, je gémis sur loi, o cliôre morte, douloureusement, bien douloureusement, vaino olfrande à l'Achéron. Hélas, hélas î où est mon rameau verdoyant si aimé! Adés me Va ravi. Il me l'a ravi, et cette Heur éi>anouie a été souillée de poussière. Ah! du moins, je t'en prie à genoux, terre nourricière, que cette enfant si regrettée soit par toi, 6 mère, re(;ue avec douceur sur ton sein et dans tes bnis !
La tristesse des choses humaines, même sans retour direct sur lui-même, l'émeut, et il retrouve quelque chose de cette mélancolie pénétrante pour chanter une jeune mariée morte le jour de ses noces *. Il a parfois des expressions d'une douceur exquise ^ Ailleurs, il dit avec une grâce infinie les frayeurs douloureuses do