‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 224 sur 605 · Cf. plus haut, t. IV, p · texte numérisé non relu

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DIDYMS; trtphon; apollodorb 303

Vers le même temps, la philologie proprement dite a pour représentant principal Didyme^ né à Alexandrie^ et surnommé XaijuvTspo;, « aux entrailles d*airain i», à cause de sa prodigieuse activité littéraire ^ 11 vécut, dit Suidas, au temps de Cicéron et d'Antoine» et jusque sous Auguste. Si l'importance littéraire des écrivains se mesurait au nombre des ouvrages, Didyme serait peut-être le premier des écrivains grecs. C'est par milliers que Ton comptait ses écrits, commentaires des classiques, études grammaticales et lexicologiques, études sur les mythes et les antiquités. Beaucoup des observations de Didyme nous ont été conservées par les scholiastes. C'était à coup sûr un prodigieux érudit. Mais, quand on a loué comme il convient son activité infatigable, il semble bien qu'on soit quitte envers sa mémoire.

Nous en dirons à peu près autant de son contemporain (un peu plus jeune peut-être), Tryphon d'Alexandrie -, qui s'était renfermé plus strictement dans l'étude des mots et de la grammaire, mais qui, dans ce domaine particulier, avait conquis une maîtrise souvent célébrée, Nous possédons les titres et des fragments d'une trentaine de ses ouvrages.

L'histoire proprement dite, dans la période qui suit immédiatement Polybe, est remarquablement stérile.

1. Suidas, Aiî'jpLo;. Cf. Susemihl, II, p. 195-210. — Fragments re- CQeillis par M. Schmidl, Didymi Chalcenteri Fragmenta, Leipzig, i85i. V^. aussi Arthur Ludwig, Arisiarchs Homertextkritik nach den Fragmenta d. Didymos, Leipzig, 1884.

2. Suidas, Tpuçwv. Cf. Susemihl, II, p. 210-214. — Fragments recueillis par Arthur von Velson, Tryphonis grammalici Aiexandrini fraymen'a, Berlin, 1853.

Jusqu'à Diodoro de Sicile et Nicolas de Damas, qui appartiennent au temps d'Auguste, on ne rencontre que des polygraphes, des curieux qui touchent certains points d'histoire en passant, par occasion, ou qui explorent des provinces voisines, et par exemple la mythologie. Aucun d'entre eux ne fait à proprement parler figure d'écrivain.

Apollodore d'Athènes, le premier en date, est un mythographe plus qu'un historien *. Elève à la fois des Stoïciens de Pergamo et d'Alexandrie, il vécut surtout à Pergame, sous le règne d'Attale II (à qui l'un de ses ouvrages fut dédié), c'est-à-dire vers le milieu du n* siècle. On ne sait rien de sa vie. Parmi ses écrits, quelques-uns se rattachaient à la tradition d'Aristarque, par exemple des traités Sur Sophron, Sur Épicharme, Sur les étymologies. D'autres, comme son ouvrage Sur les courtisanes athéniennes, révèlent déjà chez lui le goût des faits et des anecdotes. Il est probable que son commentaire en douze livres Sur le catalogue des vaisseaux^ dans V Iliade y avait le même caractère. Mais ses deux écrits les plus célèbres se rapprochent davantage de l'histoire proprement dite. L'un était une Chronique rimée (Xfoyixa), où il fixait en vers mnémomiques la suite des faits depuis la guerre de Troie jusqu'à l'époque contemporaine; inutile de dire que la poésie n'avait en cela que peu à voir. L'autre était une Histoire des Dieux (IlÊpi 6eûv), en 24 livres ^; immense et savant répertoire, où toutes les traditions différentes mises en œuvre par les poètes et les historiens, toutes les opinions même émises sur les dieux parles philosophes, se trou-

1. Cf. Suscmihl, t. II, p. 33-44. — Fragments dans G. MûUer, Fragm, Hist. gr., I, p. 428-469.

2. Un extrait de cet ouvrage, par Sopatros, est analysé par Photîos dans sa Bibliothèque, 161.

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