‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 36 sur 605 · Pro Murena · texte numérisé non relu

Pro Murena

«. EpisL I, i, 106. Cf. Sat. I, 3, 124-126.

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à demi sémitiques peut-être, de Zénou? Le doute, sur ce point, reste permis. Ce qui est sur, c*est qu'alors pour la première fois s*est fait entendre dans le monde grec une voix qui aura plus tard son écho dans le christianisme^ dans l'impératif catégrorique de Kant, et qui va susciter, après trois siècles, l'héroïsme pratique des Thraséas, des Épictète, des Marc-Aurèle. Le stoïcisme n'a jamais été que la religion philosophique d'une élite peu nombreuse; mais il a rendu cette élite si grande, malgré des travers faciles à noter, qu'il mérite une place glorieuse dans l'histoire des doctrines morales.

Au point de vue littéraire, son rôle, au contraire, est médiocre. Nous avons déjà dit que les fondateurs du stoïcisme n'avaient pas été des écrivains au sens artistique du mot. Comme prosateurs, ils ne comptent pas. Le seul monument qui nous reste d'eux est V Hymne à Zeus de Cléanthe. C'est un beau morceau, mais d'une beauté surtout morale et intellectuelle : Cléanthe a résumé dans ces vers, avec précision, avec force, avec une très noble gravité religieuse, la physique et la morale du stoïcisme. C'est l'œuvre d'un versificateur habile et convaincu, plus encore que d'un grand poète. La mythologie traditionnelle y est mise, selon l'usage des stoïciens, au service des doctrines nouvelles, et les termes techniques de l'école s'y allient, non sans habileté ni sans ^râce, aux épithëtes homériques. Ce mélange même en fait quelque chose d'intraduisible; car on ne reconnaîtrait plus, en français, ni les unes ni les autres ^

En mémo temps que le Stoïcisme, apparaît TÉpicu-

1. On trouvera plus bas, au chapitre VI« la suite de l'histoire du stoïcisme.

risrne, qui'en est, presque à tous égards, la contre-partie.

Le fondateur de l'Ecole, Epicure, était un Athénien du dème de Gargheltos ^ Il naquit en 342. Il grandit à Sanios, où son père était venu habiter en qualité de clérouque. Devenu homme, il exerça pour vivre le métier de maître d'école. En même temps qu'il enseignait les lettres aux enfants, il lisait beaucoup pour son propre compte. Son esprit s'inquiétait deTorigine des choses et des maux de l'humanité. Les explications du chaos hosiodique qu'il trouva chez les commentateurs de la Thêoyonir le dégoûtèrent. Au contraire, ayant lu Démocrile, il fut charmé de sa doctrine, et s'en nourrit. Il semble avoir constitué son propre système vers l'âge de trente ans. De 310 à 306, il l'enseigne successivement à Mitylène et àLampsaque. En 306, il revient à Athènes, où il devait finir sa vie. Dès son retour, il acheta pour quatre-vingts mines ^ le fameux jardin (jcvÎTro;) où il allait prendre l'habitude de réunir ses disciples, qu'il appelait ses amis ^ Le caractère d'Épicure fut attaqué de bonne heure avec violence et perfidie, surtout par ses rivaux les Stoïciens *, qui l'accusèrent de tous les vices. Diogène Laërce, son biographe, prend sa défense avec ardeur. Quoi qu'on pense de la doctrine, il est certain que l'homme était charmant, plein de douceur et d'aménité, d'une délicatesse d'esprit et de cœur vraiment exquise. 11 vivait avec ses amis d'une vie commune dans

1. Notice dans Diog. L., (livre X tout entier). La partie biographique reijii>lit les || 1-14. — On trouvera tous les textes relatifs à Ëpicurc dans rcxcellent ouvrage de Usener, Epicurea, Leipzig, 1887. — V. aussi les deux ouvrages célèbres de Gassendi : De Vita et moribus Epicuri, Lyon, 1647, et De Vita, moribus et placitis Epicuri^ animculrcnfiofies in librum X Dioyenis Laertii» Lyon, 1649.

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