‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 403 sur 605 · PAUSANIAS, POLY^NOS · texte numérisé non relu

PAUSANIAS, POLY^NOS

peut-être d'après d'autres, mais souvent aussi d'après ses lectures personnelles.

Du reste, pas plus de sens artistique que de véritable science. Ses descriptions des chefs-d'œuvre de Tart sont sèches, terre à terre, dénuées de tout sentiment personnel. Il note des faits, explique et commente les sujets traités, raconte des anecdotes sur les artistes, mais apprécie peu, et presque jamais par lui-même. Il était de ceux qui visitent les choses célèbres, moins pour les voir, que pour dire qu'ils les ont vues. Il prenait des notes, mais il ne pensait pas. L'écrivain, naturellement, ne pouvait guère être supérieur à l'observateur. 11 s'exprime sans élégance naturelle, avec un laisser aller àix l'on croit sentir comme une vague imitation d'Hérodote. Son plus grand mérite est de ne pas enjoliver les choses par une rhétorique prétentieuse. Sa manière, simple et sèche, laisse paraître une sorte de naïveté, moitié naturelle, moitié calculée, où entre comme élément principal la médiocrité foncière de son esprit. S'il parlait de sujets qui n'eussent pas en eux-mêmes leur intérêt, il serait insipide; mais son ouvrage est si instructif qu'en le lisant on oublie de le juger ; par la variété des informations, c'est un fonds qu'on n'épuise jamais.

Rangeons également dans cette catégorie très modeste, mais plus bas encore, un certain nombre d'érudits et de polygraphes, dont les œuvrer, perdues pour la plupart, touchaient soit à diverses parties de l'histoire, soit plus spécialement à la mythologie.

D'abord un simple collectionneur de faits historiques, le macédonien PolyaMios, de qui nous possédons encore l'ouvrage à peu près complet sur les Ruses de guerre (STpaTViyiQjtaTa), en 8 livres, dédié aux empereurs Marc-

Aurèle et I.ucius Verus*. C'est un simple recueil de ÎM)0 récits., empruntés à divers historiens, parliculièrenienl à Ephore et à Nicolas de Damas, dont les histoires universelles se prêtaient par leur longueur même à être ainsi dépouillées*. Nulle recherche originale, nulle critique, nulle expérience personnelle des choses de la guerre^ I/auteur n'a voulu qu'offrir à ses lecteurs des récils amusants ou intéressants. Ces récits, il n'a même pas cherché à les grouper d'une manière intelligente : Tonlonnance du livre est fondée sur des ressemblances purement extérieures; ruses des Romains, ruses des Macédoniens, ruses des barhares. ruses des femmes, etc. Le seul mérite de cet amalgame, c'est qu'il nous a transmis un certain nomhre de faits dont l'histoire ne peut se désintéresser.

A Poly(cnos, on peut joindre cpielques représentants contemporains de la littérature militaire, sur lesquels nous n'avons pas à insister. Apollodorede Damas, célèbre architecte, à qui Trajan confia l'exécution d'un grand nombre de ses édifices, avait composé un écrit dédié à l'empereur Adrien et intitulé PoliorvtHiques (IIoXiopxTï- Tixx). Il nous en reste un extrait *. — Vers le même temps, un certain Klieu,. qui nous est d'ailleurs à pou près inconnu, écrivait une r/^eo/v^rff» lataciiqtieiTxxxixr, tcwpîx), dont le style soigné, bien que parfois obscur, dénote une véritable culture littéraire*.

1. Ms. principal Lan ren lia nus, 50, l. — l'Milion ««n usage : Polyse» ntis, TtfC. Woliriin-Melluir, bihl. Tinil>ii»'r.

2. Molbor, Ueher Queikn und Wevl lïei :>lrali'(ieinensammlung Vubjxns (Jahrb. f. Phil.. Suppl., XIV). Vun Knotl, />.' fide el fontibus Pohj^ui, LipsiiC, 1883.

Page 1