‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 551 sur 605 · Aulu-Gelle. XIX · texte numérisé non relu

Aulu-Gelle. XIX

PSKU DO-AN AGRÉON 1011

bre de ces morceaux. Mais Ions ces poêles anonymes jouent avec des images, des tours de phrase, des inventions, des souvenirs, qui se répètent sans cesse. L'imitation est le fond même de leur poésie. On ne saurait tirer de toutes leurs chansons un renseignement quelconque, ni sur eux-mêmes, ni sur les personnes ou les clioses de leur temps.

Le recueil dont nous parlons est manifestement un extrait de plusieurs autres analogues. Il y a lieu dc^ croire que de tels recueils ont dii être assez nombreux dans les derniers siècles de l'hellénisme. Cette poésie, facile et frivole, convenait bien, par son élégance superficielle, à cet âge de sophistique. Sajis parler des poésies chrétiennes de forme anacréonliqut; dues à Grégoire de Nazianze et à Synésios, d'autres manu.scrits que celui de l'anthologie palatine conservent encore des séries de chants du même genre. Parmi ceux qui ont été publiés, un manuscrit de la bibliothèqu<i des Harberini nous a livré une sorte de courte anthologie anacréonlique, où figurent spécialement des poètes des derniers temps de riiellénisme ou de la période byzantine *. Nous y retrouvons l'école de Gaza dont nous avons parlé plus haut; et nous savons d'ailleurs qu'elle était précisément renommée pour la poésie anacréontique -. Sans doute, comme Ta supposé Crusius (art. cité), ce genre dut être florissant, aux v® et vi« siècles, parmi les maîtres et les étudiants des écoles de rhétoriciue ou de droit de Hérytos, de Césarée,de Gaza. Un morceau du recueil en question, sans nom d'auteur, est dédié à un Colouthos, qui semble bien être l'auteur de VEnlèvement d'/fé/rnr ^.

1. Barberiiius 210 (xi« siùolo), publiô dans Bor^k, Pofilœ lyr, gi\, t. III, p. 339, sous hi litre (h; AppendU Anacreonteorum.

2. Scol. de Joan de Gaza, Description : 'EÀXiyiixoi TxjTr,; x%i «iXsw; 'Icoavvr,;, IIpoxo^io;,.. xai ù\ tôiv 'Avaxpsovtîicov T:oir,Tal S'.à^opoi.

3. Le m s. dunne un nom estropié, 'Axo).ov6ou. La restitution du vrai nom est due à IL Weil (lievue cril,, 1870, p. 401).

Six poèmes d'étendue diverse y portent le iioin de Jeun deCiaza déjà meut ioniié plus haut parmi les poètes épiques et les sophistes du vi® siècle. Au même, temps semble appartenir (ieorges le Grammairien, dont il nous reste huit morceaux. D'autres poèmes du même recueil sont Tœuvre de poètes ohscurs du ix® ou du x*" siècle (Constantin de Sicile, Léon, etc.) Nous saisissons donc là sur le fait la durée d'un {çenre qui devait se perpétuer dans la période hyzantine : il n'y avail, en ellet, aucune raison pour qu'il disparut, puisipi'il ne tenait à aucune institution ni à aucun temps. Toutes ces poésies sont étrangement fastidieuses, soit par leur platitude maniérée, soit par une obscurité qui provient à la fois du vague de la pensée et de la recherche impuissante <ie l'expression ^

Tn dernier recueil en vers, qui semble avoir été constitué au temps de Justinien, doit être encore mentionné ici : c'est celui des Oracles Sibyllins (Xp>î'7(i.o: SiCuXXtixo')-. Les poésies, judéo-helléniques et judéo-chrétiennes, qui le composent, n'avaient primitivement aucun lien entre elles: les plus anciennes (1. III, 97-294 et 489- 828) paraissent remonter jusqu'au temps d*Antiochus Épiphane (171-108 av. J.-C); d'autres (1. IV) datent des années qui suivirent l'éruption du Vésuve (79 ap. J.-C.;;

\, La structure par stances et refrains (oTxot, xo-jxoûXix), qui 7 est ordinaire, y dénote sans doute l'influence d*uu accompagaenient musical.

2. Édités pour la première fois à Bàle, chez Horhst, 1543; complétés peu à peu, grâce à de nouvelles découvertes, en particalier par Angolo Mai, qui publia en 1817 le livre XIV, retrouva ])ar lui à Milan, et, on 1828. les livres XI, XII et XIII. d'après des mss. du Vatican. Éditions do G. Alexandre, avec des Excar- »us très importants, Paris. Didot, 1841 et 1869 ; de Friedlieb, Leipzig, 1852; de A. Rzach, Leipzig, 1891, texte critique, le meillear que nous ayons aujourd'hui. Sur les parties du recueil et leur histoire, voir Bouché-Leclercq, Hiat, de la divination, t. II, p. 203-214, et la note 1 de la page 200.

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