‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 605 sur 605 · G. MICHAUX · texte numérisé non relu

G. MICHAUX

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Ce livro rsl no Jos coins de lillérature latine que j'ai professés à TUniversilé de Friboiirp de 1SÎI4 à 1S9Î). Il |)résenl(» un échantillon de la méthode (\\w j'ai essayé d'y appliipier, et il en résume l'esprit général.

Le temps n'est plus où le crilique littéraire étudiait les œuvn»s en elles siMiles, les confrontait avec un idéal extérieur, un « canon » traditionnel, et les jugeait, sans appel, plus ou moins honnes, selon qu'elles se conformaient plus ou moins tidèl.ement aux régies étahlies, qu'elles se rapprochaient plus ou moins des modèles consacrés. Assurément on u juge » encore; on doit le faire, à mon sens; et d'ailleurs on le fait malgré soi, (ît ceux-là mêmes qui prétendent ne point émettre de jugements en émettent pourtant, mais de plus arhitraires. L'im-

les littératures anciennes. Et c'est h cela que sert r/'rm/iiion qu'on exige maintenant du critique littéraire.

Ce n'est pas tout. Outre les rapports qu'elle soutient avec les autres œuvres de la même littératurf el avec le temps où elle a été écrite, une œuvre littéraire en a encore — et de plus étroits — avec la personne de l'auteur qui Ta composée. Il nous faut donc le connaître aussi. Si l'histoire politique i*t sociale est, suivant le mot de Michelet, une « résurrection », il en va de même pour Tliistoire littéraire. Qu'on nous donne tous les faits de la vie d'un auteur, la liste chronologique de toutes ses œuvres, avec les témoignages et les jugements des critiques, c'est déjà bien : mais ce n'est pas assez. Il faut qu'apri's la lecture des pages qui lui sont consacrées nous ayons de son caractère propre, de la nature de son génie, de la tournure de son esprit, de l'éclat de son imagination, de la délicatesse de sa sensibilité, une impression claire et une impression forte: il faut que l'art qu'il a déployé, les sentiments qui l'ont inspiré, les idées qu'il a exprimées, nou< soient démontrés, expliqués, exjK^sés; en un mot, il faut que nous décou\Tiuns «• rhumme sous fauteur ••, ou — au pis aller — que nous ayons pu du moins nous convaincre qu'il n'y a pas >»>us ovt auteur d'homme intéressant. Et c'est en cela que lonsisle fan du critique littéraire.

Mais cela ne sufHt point encore. Supposons que, par un effort prodigieux de science et de patience, un érudit parvienne à reconstituer la biographie complète des membres d'une cité : Tensemble de ces biographies mises bout à bout ne formerait point l'histoire de la cit(^. L'excessive multiplicité des faits ne produirait qu'obscurité et confusion ; de tous les événements, mis ainsi sur le môme plan, on ne pourrait point faire ressortir avec netteté la ligne générale du développement ou de la décadence de la cité ; Tétude des individus isolés ne permettrait point de saisir les influences si importantes qu'ont exercées les uns sur les autres les individus comme les générations. Là encore, nous aurions les éléments de l'histoire, mais non une histoire véritable. Il n'en est point autrement pour rhistoire d'une littérature : une série de monographies juxtaposées ne la constitue point ; et, après avoir rendu aux écrivains leur vie personnelle, il leur faut rendre encore leur vie collective. Une littérature quelconque, et si variée qu'elle puisse ôtre, a son unité, et pour ainsi dire sonàme. Elle présente certains caractères généraux et constants, que ne sauraient évidemment expliquer ni les renseignements divers fournis par l'érudition, ni l'individualité des écrivains reconstituée par l'art. Or ce sont justement ceux-là qu'il convient d'expliquer d'abord, précisément parce qu'ils sont

Ifént^raux et constants ot qu'i le caractère essentiel, Au-d circonstances historiques, aupprsonnaiiti^ des écrivains, s'c littérature, une sorte de tcn< cientc, mais toujours aciiv de la nice. C'est I& la causi nous imissionsi-emonler, ces c'est la cause ni^cessaire parr contingentes, et c'est par co proprement parler, est le b chercher à atteindre la scii ti^rairc.

Parce que cette cause est me parait celle à laquelle d on doit tout d'abord s'atlacli ttlchi^ de faire dans le présen essayé do retrouver cet insti liiline, dans une étude dense romaine: j'ai contrôlé cet te lUi élude |>lus sp(>ciali' d'un mo d'AugusIe, monienl <]ui m'a pour manifester le caractère l'esl à lu fois l'instant où il ofi ii dévie. Ml tel est l'objet de niuu livre: li.\cE, Milieu, N

Mais j'ai voulu entrer dav détail ; et il m'a semblé qu'ai

rospondail mieux h mon intention que la méthode lie VHro/tf/ion des (jvnres. (^e n'est point que je m'abuse sur lu valeur absolue de ce système; ci j en crois là-dessus le ferme et puissant esprit qui Ta conçu. C'est M. Brunetière lui-même qui a écrit les importantes paroles que voici, et qu'à mon avis on a trop peu remarquées.

« Tout système philosophique ou scientitiqu(» est ruineux, caduc et faux comme système, je veux dire eu tant qu'explication de la totalité des choses. 11 l'est au fond et par délinition, comme étant une tentative d'interprétation de l'inconnaissable ; il Test aussi dans sa forme, en tant que logique et lié dans toutes ses parties, et sa beauté même en ce sens est la preuve de sa fausseté. Faisant violence aux faits pour se constituer, sa simplicité le condamne, et sa logique, dont on semble croire (prelle ferait sa

force, fait au contraire sa faiblesse (iardons-

nous, je le veux bien, de res|)rit de système; mais ne proscrivons cep«»ndant pas les systèmes, et, au contraire, sachons en recoimaîlre la véritable utilité, si tout sf/strnu\ à le bien prendre, et quand on Ta comme dépouillé d'un excès de confiance qu'il a trop souvent en lui-môme, n'rst jtroprentent quimc méthode^, »

Je Ui» prends donc point à la lettre une méta-

• Évolution tif la poésie ii/ri(/ut\ II, 290-202.

plion»; ol, lnrM|in» j usr île cr li»rnn» crKvohUion ili's iii»nn*s. jo v(»ux dire siniplenioiil qm» j'éludie ('liaciiii il<'> aiih'iirs (|iii uni oniployo une cerlaîni' formr lill«»rairo rti fntirtimi d(»s rrrivains ijui, avant lui «4 apivs lui, onl oniplnyr» celli» mi^m«* fomie. Il V a ciiln' (»ux (1«vn ililloronres et îles resseml»la!UM»s: n.»s (lilTôrences proviennent de causes tlivcrsos: niais res i'Oï>sonîl)lancos proviennenl d'une inèni*» causo. cl cetlr cause, cV:*l le jri'nii' propre au piMiple dont il s'a»:it. qui s'ai'coniiTiode sans rll'orls à c<'lt(î forme littéraire, ou qui s'y siMil mal à Taise el la dévie, ou l»icn qui y nqmgno et la fait éclater. Tel est l'olijet de la seconde partie de mon ouvrap' : Lks (îemies.

Tel qu'il esl. ce livri-, je voudrais qu'il piil rendre qu(d(|ues servici's. Je Miudrai^î surtout qu'il ne paru! pas Inip indigne de l'Iù'tde Xormale oii j'ai jatlis éli' élév«», ni d(» Il inversifé uii j'ai mainlenanl riinuneur d ensiM^'uer, — et qu'il me fui piMinis tie le déilier à la fois à nu»s nuiitres c»t k mes

«'•li'M'S.

i"i r.«» iMi-. m «^i IN I H! i;i N. i;i i: ■■ \mhki'| v. ti.

ALBERT FOITEMOIKG, ÉoiTEun, 4. RUE LE BOFf Ftms surs fftes.sE M.KSVm riMISTOIItE J

ITTÉHATUKE GRErninT'

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