‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 69 sur 605 · Liste dans C. Millier, p · texte numérisé non relu

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neuve, grande, inépuisable pour la curiosité. Xous avons déjà mentionné le récit militaire et personnel de Ptolémée, ainsi que les Éphémérides, officielles ou non, qui relatèrent les marches du roi de Macédoine et Temploi minutieux do ses journées. Une foule d'autres récits fu rent publiés. Au reste, le conquérant lui-même semblait avoir sollicité le concours des historiens. 11 était parti d'Europe avec un cortège de beaux-esprits, rhéteurs ou philosophes, qui avaient pour tâche principale, sans doute, de continuer à lui faire goûter, au milieu de ses campagnes, le plaisir délicat de leurs entretiens, mais qui devaient aussi répandre sa gloire par leurs écrits. C'est ce qui fut fait. D'autres vinrent à la suite des premiers, et, pendant un siècle, il y eut comme un « cycle d'Alexandre » incessamment parcouru par les historiens. La matière était belle, mais elle était dangereuse par sa richesse même pour des esprits que ni la pratique des affaires ni le respect austère de la science ne défendaient contre des tentations de toute sorte. La première de ces tentations fut, chez les comtemporains du roi, le désir de le flatter : de même que les démagogues avaient flagorné le peuple d'Athènes, les historiens prirent l'habitude de flatler les princes. D'aiUeurs, la grandeur des choses accomplies devait inviter les écrivains à enfler la voix : en dehors de toute flatterie, il élait bien tentant, pour un Grec, d'être éloquent à si bon compte. Enfin la nouveauté des pays parcourus, leur éloignement presque fabuleux, le caractère exoti([ue des hommes, des animaux, des plantes, delà nature entière, tout concourait à pousser les imaginations en verve un peu au-delà de l'exacte vérité. Graves inconvénients, auxquels certains hommes sans doute échappèrent plus ou moins, mais qui se firent fâcheusement sentir dans les œuvres de la plupart *. Laissons de côté les plus obscures de ces

1. Sur l'ensemble des historiens d'Alexandre, le travail de Sainte-

aristobule; GHARÈS 103

œuvres, celles dont le temps n'a presque rien éparj^né*. Une demi -douzaine environ méritent une mention.

Le meilleur peut-être de ces liistoriens, celui qu'Arrien considère comme étant le plus véridique avec Ptoléniée, c'est Aristobule, qui avait fait partie de l'expédition (et probablement de Tarniée) d'Alexandre -. Il écrivit son ouvrage après la mort du roi, à Cassandrie, où il passa les dernières années de sa longue vie '.C'était, senddet-il, un esprit sobre, ennemi du merveilleux et même du théâtral, disposé à préférer, dans les choses extraordinaires, les explications les plus simples *. Une anecdote plus que suspecte ne saurait suffire à le convaincre de flatterie *: il n'en parait aucune trace dans ses fragments. On y trouve des descriptions précises, des récits vraisemblables, et quelquefois des anecdotes à demiromanesques *.

Charès, de Mitylène, fut chambellan d'Alexandre '. Sa situation lui permit de bien connaître l'histoire privée du roi et la vie intérieure du palais. Son ouvrage, en dix livres au moins *, s'étendait volontiers sur cet ordre de choses. La description des fêtes du mariage y était ample et précise '. On y lisait le récit des songt's du

Croix {Bxamen critique des historiens d'Alex.) garde une parti») «le su valeur. Les fragments de ces historiens ont été recueillis p. G. MQUer (Bibl. Didot), sons ce titre; Scriptores rerum Alcjawlri magni, et publiés à la suite de YArrien de cette collection. Cf. Susomihl. J. p. 532 et suiv.

1. Nous ne connaissons guère que «le nom Meiiîiîchmos d<' Sicvone, Marsyas de PeUa, Éphippos, Medios, Kyrsilos, etc. Cf. C. Millier et Susemihl.

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