Cf. C. MûUer, p. LI
5. Surtout au livre XII, ch. 3-15 et 23-28, a. Pour les antres passages, v. l'Index de Polybe (éd. Hultsch), au mot Timàetts,'
TIMËE lit
cuse d'ignorance, de superstition, de partialité, de mensonge. Le jugement de Polybe est considérable par luimême et beaucoup de ses arguments sont persuasifs. Mais il exag'ère: il fait de la polémique plutôt encore que Je la critique: il accable, dans la personne de Tiniée, le représentant le plus illustre d'une école historique qu'il juîre avec raison détestable, et il ne lui rend juslice qu'à contre-cœur. On voit clairement, dans un de «:es passages '. qu'il avait été, comme tout le monde, séduit d'abord par certains mérites de Timée. C'est seulenienl à la réflexion qu'il se ressaisit, et non sans mauvai>e humeur. Essayons de voir les choses plus froidement, d'une manière plus objective et plus impartiale.
Le grand mérite de Timée, sur lequel il faut insister d'atKird. c'est son immense labeur d'érudit *. Pendant les cinquante années de son séjour à Athènes et jusqu'à la lin de sa vie, il avait lu tous les écrits de ses prédéresseurs ^. Il ne s'était pas contenté des ouvrages historiques; il avait eu recours aux documents originaux, non sans tirer quelque vanité de ses recherches en ce jrenre *. Polybe semble le soup(;onner sur ces matières d'un peu de charlatanisme : il lui reproche de ne pas dire où il avait trouvé certaine inscription qu'il invoquait contre une opinion d'Aristote. Mais Timée, qui n'était pas grand voyageur, n'avait probablement pas lu l'inscription en original : il suffisait que, l'ayant trouvée dans quelque recueil, il eût eu l'idée de l'utiliser, pour que son travail fût digne de plus d'éloges que ne lui en donne Polybe.
Dans ses immenses lectures, il semble que Timée ait porté d'utiles qualités critiques. 11 était fort indé-