ÉRATOSTHÈNE
Ératosthène naquit à Cyrène dans le premier quart du III* siècle*. Il fut à Alexandrie Télève de Callimaque, puis se rendit à Athènes pour étudier la philosophie. Il y entendit peut-être Zenon de Cittion : en tout cas, il connut le stoïcien Ariston et Tacadéniicien Arcésilas, qu'il vantait fort tous deux*. Cette impartialité montre assez qu'Ératosthène n'était l'homme d'aucune socte : il combattit même Ariston dans un de ses écrits sans cesser d'avoir du goût pour le stoïcisme. Après un long séjour à Athènes, il fut, vers râge|de quarante ans, rappelé par Ptolémée Evergète à Alexandrie, pour y diriger la célèbre Bibliothèque après la mort de Callimaque. Il pas.sa dans ces fonctions de bibliothécaire toute la fin de sa vie, qui s'étendit jusqu'aux premières années du second siècle ^.
Eratosthène fut un homme universel, à la fois géomètre, géographe, chronographe, philosophe, philologue et même poète. Ses ennemis raillaient cette universalité, ordinairement inséparable d'une certaine médiocrité*: ils rappelaient pentathle, parce que les athlètes qui s'exerçaient à ce genre de combat n'étaient les premiers dans aucune spécialité; ou encore ils le désignaient par la seconde lettre de l'alphabet (B), qui exprime en grec le chifire2. Ces railleries, d'ailleurs inoffensives, avaient peut-être quelque justesse quand elles s'appliquaient à ses productions poétiques ou philosophiques. Ses petites épopées intitulées Hermès et Anterinnys (récit du meurtre d'Hésiode et de la punition qui frappa ses meurtriers), son élégie d*Értgone (relative sans doute à la culture de
1. Suivant Strabon (I, p. 15), il connut Zenon de Cittion. Suivant Suidas, U naquit dans la 126* Olympiade (276-213). Ces deux affirmations ne sont pas exactement conciliablfs, car Z/mon mourut vers 260 an plus tard.