‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 90 sur 605 · ÉRATOSTHÈNE · texte numérisé non relu

ÉRATOSTHÈNE

sur les latitudes et les longitudes, sur la situation relative des pays, sur les phénomènes constatés par les ex ploraleurs. On voit, par divers passages de Polybo et de Strabon^ qu'il s'attachait de préférence aux mesures géométriques, aux observations astronomiques : qu'il acceptait, par exemple, les idées de Pythéas sur la latitude de Marseille et les théories de Dicéarque sur la configuration du Péloponnèse : en quoi il faisait preuve encore de plus d'esprit scientifique que Polybe lui-même et que Strabon. — Enfin, dans le troisième livre, il donnait un aperçu de la géographie politique de son temps. — T.e tout était accompagné d'une carte géographique. On sait qu'Anaximandre passait pour avoir eu le premier, en Grèce, l'idée de dresser une carte de la terre : celle d'Eratosthène devait permettre de mesurer facilement d'un coup d'œil l'immensité des progrès accomplis depuis le vi^ siècle.

Ses recherches sur la chronographie (IhptXpovoypaçiûv) n'étaient pas moins remarquables que les précédentes, à la fois par l'étendue des informations et par la fermeté hardie de la critique. C'est Eratosthène qui semble avoir dit nettement pour la première fois que l'âge historique conunençait avec les Olympiades; et que les âges précédents étaient ou totalement inconnus ou mythiques-. Il avait essayé cependant de porter quelque lumière dan» ces demi-ténèbres du mythe. Il avait interrogé les documents égyptiens '. 11 avait déployé, dans l'appréciation des dates relatives à Homère et à Hésiode, une critique très ingénieuse et très fine*.

Son système chronologique, qui va de la guerre de Troie à son temps, était devenu classique dans l'anti-

I. Polvl^e. XXXIV. 2, 11 ; 3, 4 ; Strabon, II, 4. 2- Fra^m. ± 'C. MûUer).

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