De Nat. Deor,, I
naïvement sensuelles, et un juge sévère pouvait s*en scandaliser. Mais il no faudrait pas croire non plus qu elles fussent grossières : un sens exquis du beau devait les en défendre. Dans le peu de vers qui nous en restent, ce qui domine, c'est l'amour de la délicatesse gracieuse *. Il était même capable d une réserve chaste. On le voit par une ode qu'il adressait à sa rivale en poésie, Sappho, et dont nous n'avons plus que les deux premiers vers ^. Ces deux vers font vivement regretter le reste, car ils sont délicieux par le mélange d'ardeur et de respect, par la grâce du sentiment et la réserve pudique de l'expression; l'ode entière devait être exquise :
Pure Sappho, à la chevelure de violettes, au doux sourire, j'ai quelque chose à te dire, mais la honte me retient.
Et Sappho lui répondait, avec une Gnesse toute féminine :
Si tu avais le désir du beau et du bien, si ta langue ne méditait aucune mauvaise parole, la honte ne couvrirait pas tes yeux, et tu dirais franchement ce que tu penses 3,
Enfin l'œuvre d'Alcée comprenait aussi des hymnes. Il nous reste quelques débris de trois hymnes à Apollon, à Hermès, à Athéna. Pausanias, qui mentionne l'hymne à Apollon, le désigne par le nom de proème *. On sait