Anacréon, fragm
d. Deucalion, Képhalos, etc.
4. Nous n'avons pas à rappeler ici les attaques dirigées par la coiiàdie contre les poètes contemporains.
(six ou sept au moins % sans compter la Leuccfdténne de Ménandre. On imagine aisément jusqu'où dut aller, en fait d'inventions plaisantes ou grossières, la verve des poètes comiques, au sujet de la poétesse de Lesbos. De là toute une légende, dont l'écho est arrivé jusqu'à nous. Sappho devient une courtisane ^, ou pis encore. Elle passe sa vie à rechercher des amants, qui parfois la dédaignent, et elle a tous les vices que la médisance populaire reprochait aux Lesbiennes. Qu'en devons-nous penser? Welcker ^ et Otfried MQllcr "*, avec un optimisme imperturbable, se sont portés garants de la pureté de Sappho ; ils ont été suivis par la plupart des critiques allemands. L'Anglais Mure, au contraire, a prononcé contre elle un véritable réquisitoire ^ Quand il s'agit des mœurs grecques, un plaidoyer trop sentimental risque d'être naïf. D'autre part, il serait puéril de prendre au pied de la lettre toutes les afGrmations médisantes des anciens, ou môme tout ce que semblent dire certains vers suspects de Sappho. La vérité est probablement entre CCS deux extrémités ; mais à quelle distance de l'une ou de l'autre?
On se rappelle les beaux vers qu'Alcée adressait à Sappho et la fine réponse de celle-ci : si Ton veut un exemple des libertés de la légende, qu'on lise les vers où l'Alexandrin Hermésianax parle de cet amour ^ : à l'en
1. Fragm, comte, éd. Meineke, t. II, p. 707 ; t. III, p. 112, 315, 338 ; t. IV, p. 409.
2. Lo grammairien Didymé, selon Sénèque (Lettres, XXXVIII, 37) avait écrit un traité sur la question de savoir si Sappho était une courtisane. Tatien {Adv. Grxcos, 32) l'appelle y^vaiov nopvixbv èpwTO-