Schol. Hom., lUad/e^ I
23i CHAPITRE V. — LA CHANSON
yes ^ Ces habitudes, si différentes de celles d'Athènes, expliquent à merveille que tant de noms de femmes ou de jeunes filles se pressent dans les vers de Sappho ; il n'y a pas plus lieu d'être surpris de voir Sappho en commerce continuel avec cette jeune troupe que de trouver autour de Socrate des Âlcibiade, des Charmidc et des Xénophon ; la comparaison est de Maxime de Tyr, et elle a été souvent reprise depuis, non sans raison. Mais ce qui étonne, quoi qu'on en dise, c'est la façon dont s'expriment, dans ce petit monde féminin, les passions qui en divisent ou en rapprochent les membres. Les haines ont un air de jalousie amoureuse. L*amitié emploie des termes tels que la Phèdre d'Euripide et de Racine, parlant de son amour pour Hippolyte, n'a guère qu'à transcrire des vers de Sappho ^. Il ne sert de rien d'épiloguer sur un mot d'une autre pièce pour tâcher d'établir que celle-là s'adresse à un homme ^ A défaut de telle ou telle pièce, d'autres subsistent qui ne peuvent laisser aucun doute. 11 est clair que Sappho s'adressait à ses jeunes amies en des termes tout à fait semblables à ceux qu'employait Alcée pour s'adresser à des éphèbes ^. Et d'ailleurs Horace, qui lisait encore les poésies complètes de Sappho, nous dit expressément que les plaintes de celle-ci avaient surtout pour objet les jeunes filles de Lesbos ^
1. Maxime de Tyr, Dissert. XXIV. Androméda est mentionnée au fragm. 41, et le nom de Gorgo a été restitué par Bergk avec vraisemblance au fragm. 48.