Macrob
6. C'est sous cet aspect notamment qu'il figure dans les i>oéme8 dits Anacréontiqucs.
7. Simonide, fragm. 184. — Sur la mort d'Anacréon, voir un récit légendaire dans Pline, Hist, Nal, VIX, 5.
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temps les armes : il racontait, probablement en souvenir d'Archiloque et d'Alcée, qu'il avait fui en jetant son bouclier *. L'aventure, peut-être on partie imaginaire, doit sans doute se rapporter au temps de la guerre d*Harpagos. Quoi qu'il en soit, il n'y arien, chez Anacréon, du soldat de profession ni du mercenaire aventureux. C'est essentiellement un poète de cour, un ami du plaisir, qui a passé un demi-siècle à se couronner de roses, à chanter l'amour et le vin, et qui, ayant gardé jusqu'à la Gn cette belle humeur folâtre, est resté dans la mémoire des hommes comme le type môme do la légèreté aimable et brillante.
Les œuvres d'Anacréon formaient, à l'époque alexandrine, cinq livres ^. Nous n'en avons plus que des fragments fort courts, provenant presque tous de chansons d'amour et de chansons de table. On demandait un jour au poète pourquoi ses hymnes, au lieu d'être consacrés aux dieux, avaient pour objet de beaux enfants : « C'est que, dit-il, ce sont là nos dieux ^ » Le mot n'a pas besoin d'être authentique pour être vrai : il caractérise exactement l'inspiration d'Anacréon. On trouve pourtant, parmi les vers qui nous restent de lui, deux fragments adressés l'un à Artémis, l'autre à Dionysos, et que les éditeurs rattachent à des hymnes : le premier est trop court pour qu'on en puisse bien voir le sens; le second, un peu plus long (et que Ion considère on général, sans beaucoup de raison, comme une prière complète) aboutit à ces mots : « Conseille à Cléobule, ô Dionysos, d'accueillir mon amour » ; cela suffit pour en montrer le caractère. D'hymnes proprement dits, sévères et graves, Anacréon n'en a jamais composé : s'il lui est arrivé d'invoquer parfois une divinité qui ne fût pas Éros, ou Aphro-
\. Fragm. 28 et 29.