Élien, Hist. Var., IX. 4. Cf. Athôuco, XII, p. oiO, E
ANAGRÉON 253
n'avoir été souvent que le porte-paroles de Poly orale, parce que les amours de celui-ci étaient réprchensiblcs. No cherchons pas si le poète qui loue ces amours est en pareil cas plus excusable; mais ce qui est sûr, c*est que celte manière do faire est d'un artiste très souple, et fait prévoir de sa part aulant d*élcgance mondaine pour le moins que d'émotion naïve et forte. Il semble que le principal mérite moral d'Anacréon (si l'on peut parler à ce propos de mérite moral) ait été d*abord dans sa haine pour la persuasion qui s'achète à prix d'argent, car il la blâmait quelque part \ ensuite et surtout dans son goût do la beauté, qui Técartait de certaines bassesses et lui faisait rechercher en tout une mesure élégante : il aîmo les banquets, mais non les orgies; celles-ci sont bonnes pour des barbares, pour des Scythes : enlre Grecs et gens bien élevés, on boit gaiment, en chantant de be«aux vers -. A ces conditions, d'ailleurs, il aime un brillant festin où l'on se couronne de roses en buvant :
Donne do Toau, enfant, donne du vin, donne des couronnes fleuries, aûn que je mesure ma force contre celle d'Éros '.
Un tiers de vin, deux tiers d'eau, voila la mesure ^; mesure modesle, qui élait celle des Grecs : Alcée lui-môme, le bon buveur, s'en contenlait \
Des railleries, des satires se mêlaient dans les poèmes d'Anacréon à Téloge du plaisir; le gracieux poêle savait piquer en souriant, d'une main légère et sûre. Une demidouzaine de fragments nous apportent l'écho de ces railleries. Quelques-uns sont trop courts pour offrir un
i, Fragm. 33.