‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 257 sur 467 · Sur le nom de Kpt6c (fragm · texte numérisé non relu

Sur le nom de Kpt6c (fragm

Je ne cherche pas rimpossihle; je ne tourne pas une vaine espérance vers ce rêve chimérique, un homme absolument exempt de reproches, parmi nous tous qui mangeons les fruits de la vaste terre; si j'en trouve un seul, je viendrai vous le dire. Pour moi, je loue et j'aime quiconque ne fait pas le mal de son plein gré; car, contre la force des choses, les dieux mêmes ne peuvent rien *.

On dirait uno causerie d'Horace, libre, souriante, avec beaucoup d'iadulgcnto philosophie et de belle humeur. Dans ce passage, c'est contre un mot de Pittacos que Simonide s'escrime. Ailleurs, c'est contre Ciéobule de Lindos ^. Il aime visiblement ces combats dialectiques oii sa fine subtilité s'amuse.

II ne réussit pas moins dans le pathétique; non dans le pathétique violent et superbe qu'on trouve, par exemple, chez un Eschyle, mais dans la peinture d'une douleur qui s'exhale harmonieusement par d'exquises et déchirantes paroles, toutes simples en apparence, et réellement pleines de larmes. Il aimait à faire parler les femmes \ Un thrène qu'il avait fait en Thessalie pour une femme de la famille des Aleuades qui avait perdu son fils, était célèbre^. Le morceau des plaintes de Danaé, qui nous a été conservé par Denys d'Halicarnasse, peut heureusement nous donner l'idée de ce genre de pathétique, et justifie à nos yeux les éloges que les anciens accordent unanimement à la tendresse do Simonide. Les mots sont très simples, les phrases tantôt courtes, tantôt doucement sinueuses, sans mouvement oratoire; mais tout est senti et vient du cœur; c'est d'une vérité intime et pénétrante; on dirait du meilleur Euripide :

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