Cf. plus haut, t. I, p
3. Hérodote cite un oracle en vers iambiqud (1, 174). D'autres, en vers ôlégiaques, sont apocryphes ef de date récente (cf. Bouché-I^ clercq. t. III, p. 96, n. 2).
s*exprimail presque toujours en prose; et cela se compreud, vu la prépoudérauce alors acquise à la prose dans tousles genres. Mais Plutarque lui-môme, qui donne cette cxplicalion ^ s'applique à démontrer que cet usage était fort ancien, et qu'il ne tenait pas au plus ou moins d'importance des questions posées, puisque Toracle môme qui avait consacré la constitution de Lycurgue était en prose ^ Il ne faut d'ailleurs pas confondre ces oracles en prose, dont l'existence est incontestable, avec les interprétations, en prose également, que les devins attachés au temple pouvaient donner des paroles du dieu. Quoi qu'il en soit, dans la période qui nous occupe, les oracles en vers étaient évidemment les plus nombreux, au moins pour les grandes affaires ; ce sont d'ailleurs les seuls qui puissent avoir un caractère vraiment littéraire et les seuls par conséquent qui doivent nous arrêter.
Que valait cette poésie des oracles? Nous voyons dans Plutarque que, de son temps, les juges délicats n'en faisaient pas une grande estime : ils s'étonnaient que le style en fût si médiocre et que le dieu des vers, quand il parlait pour son propre compte, restât si fort au-dessous des grands poètes qu'il avait inspirés, par exemple Homère et Hésiode '. Tout le monde, à vrai dire, n'était pas de cet avis, et il semble qu'Hérodote, Philochoros, Istros, qui avaient tant aimé à citer des oracles ^, y eussent vu pour