Hérodote, II
à Démêler ^ Pour TOrphisme, si Ton a parfois cru en retrouver des traces, comme nous l'avons dit plus haut, dans la poésie de Terpandre, la chose est au moins douteuse. Il n*y a, en somme, ni témoignages sûrs ni indices solides qui permettent de Gxer la date à laquelle remontent ces institutions. On s'explique très bien qu'un vieux culte détrôné par une religion nouvelle se réfugie dans le secret ; mais un culte nouveau^ introduit à une date récente, peut aussi s'adresser d'abord à un petit groupe d*initiés. Il en est de même des cérémonies qui ont pour objet d'honorer une divinité soit domestique, soit strictement locale. D'autres fois, enGn, s'il s'agit par exemple d'une divinité tellurique, on conçoit que sa qualité même semble appeler de préférence des hommages mystérieux. Entre ces diverses sortes d'explications, il n'est pas toujours facile do faire un choix. Peu importe d'ailleurs : quelle que soit la date où les mystères aient commencé d'exister, il est certain que c'est au Yi^ siècle qu'ils arrivent à jeter tout leur éclat, et que, tenant désormais une grande place dans la vie morale de la nation, ils entrent aussi alors dans la vie littéraire.
Ce développement des mystères au vi® siècle s'explique aisément. On peut d'abord alléguer l'influence orientale, qui introduit précisément vers cette date, ou peu auparavant, un large courant de mysticisme dans le monde grec avec les cultes de Gybèle et d'Adonis. Mais le progrès naturel des choses, en dehors même de toute influence extérieure, allait au même but. La religion publique dos cités, dont les rites immuables étaient contemporains des âges reculés, ne pouvait répondre à tous les besoins religieux d'une époque plus récente et plus cultivée. Sur deux points, en particulier, elle était tout à