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LA LITTÉRATURE PHILOSOPHIQUE

étudier les écrits philosophiques, parce que plusieurs sont en vers et qu'aucun, durant cette première période, n'a jamais été compté parmi les chefs-d'œuvre durables do la prose grecque. L'histoire, au contraire, dans le mémo temps, n'écrit guère qu'en prose, et elle produit enfin Hérodote. Logiquement donc, sinon en fait, elle correspond à une étape plus avancée dans le développement de la prose grecque.

§ 1. Coup d'œil suu l'enskmble de la littérature

philosophique.

Do toutes les œuvres philosophiques écrites avant Platon, il ne nous reste que des fragments, cités par des écrivains de dates fort différentes et dans des intentions très diverses, les uns pour leur intérêt littéraire, les autres à titre d'arguments dans une discussion philosophique, quelques-uns seulement en vue de faire connaître historiquement les doctrines de leurs auteurs. 11 en résulte qu'il est fort difficile de reconstituer ces doctrines avec précision et continuité : on en ressaisit quelques parcelles, mais à chaque instant la chaîne se rompt, et les proportions générales échappent; d'autant plus que, parmi les anciens eux-mêmes, tous ne citent pas d'original. Beaucoup d'écrits furent perdus de bonne heure et on ne les connut désormais que par des extraits ou par d'autres citations antérieures.

Même obscurité sur la chronologie, si importante pour établir le développement de chaque système et Tinfluence qu'ils ont eue les uns sur les autres. Les dates de tous ces vieux philosophes sont fort incertaines. La plupart de nos renseignements nous viennent, à travers plusieurs înter-

médiaires sans critique, des savants de Tépoque alexandrine, tels qu'Apollodore, Sosicrate, Sotion : Diogène Laëi'ce, notammeot, les cite sans cesse \ Or il est aisé de voir que les dates données par ces divers érudits étaient loin de concorder toujours. C'est la preuve que déjà de leur temps presque toute information directe et positive faisait défaut : on en était réduit à des conjectures appuyées sur Tétude des œuvres, sur les allusions des contemporains et des successeurs, sur tous les indices enfin qu'on pouvait trouver. Il est probable que ces érudits usaient ordinairement de leurs matériaux avec intelligence, mais on s'aperçoit promptemcnt qu'ils obéissaient aussi à des préoccupations systématiques telles que le désir, par exemple, de trouver partout des successions régulières de maîtres et de disciples et de mettre à tout prix les hommes en relations les uns avec les autres. D'autres s'appliquent à déterminer le moment le plus brillant {àx[i.r;) de chaque écrivain, et le rapportent d'une manière arbitraire à Tâge de quarante ans. De telle sorte que toutes ces dates sont fort sujettes à caution, et que nous ne pouvons nous flalter d'atteindre à autre chose qu'une approximation assez grossière.

Nous n'entrerons pas dans tout le détail de ces discussions. Pour ce qui est des doctrines, Thistoire littéraire peut se résigner facilement à ignorer beaucoup : ce qu'elle cherche surtout à mettre en lumière, c'est cette partie de la doctrine qui, dans le philosophe, montre l'homme, c'est-à-dire une certaine forme d'esprit qu'elle peut rattacher à d'autres échantillons analogues. Elle n'a donc pas à reconstituer chaque système dans son intégrité; il lui suffit de quelques traits décisifs et caractéristiques ; peu lui importe, après cela, qu'un Heraclite, par exemple, ait

i. L'ouvrage de Diogène Laorce, lUç\ fjtcov xa\ SoYiiarcov twv iv 91- Xodoyta £J5oxijiir,^dtvT(ov, e.=>l aujourd'hui notre principale source.

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