ANAXIMANDRE
Lo premier philosophe qui ait écrite c'est Aaaximaadre de Milet K Une indication précise du chronographe Âpollodore, tirée sans doute de l'ouvrage même d*Ànaximandre, nous apprend qu'en 547 il avait soixante-quatre ans ^. Il était donc né en 611, et avait écrit son livre dans sa vieillesse. Compatriote et contemporain de Thaïes ^ il n'est pas douteux qu'il n'ait connu à merveille les idées de celui-ci ; ayant écrit sur le tard, il put, dans l'exposé qu'il fit de ses propres opinions, rappeler celles de son prédécesseur pour les combattre ou les corriger. Le titre de l'ouvrage était probablement neptcpOcto;. Une tradition rapporte qu'il prit part à la fondation d*une colonie milésienne ^. On ignore la date de sa mort.
On comprend qu'Anaximandre ait eu la pensée de mettre son système par écrit : car le peu que nous en connaissons montre en lui un esprit original et puissant dont les idées étaient, sinon toujours claires, du moins profondes et bien liées. Ainsi que Thaïes, il était à la fois un savant pratique et un philosophe. Il avait construit, disait-on, un gnomon qu'on voyait à Lacédémone ; puis une sphère * (peut-être une sphère céleste), et une sorte de <c table géographique » ou mappemonde S la même sans doute qu'Aristagoras, vers la fin du vi® siècle, mit sous les yeux des Spartiates '. — Le monde, suivant lui, était sorti non de l'eau, comme le disait Thaïes, mais d'une matière primitive qu'il appelait to à-eipov. Qu'entendait-il par ce mot? Voulait-il exprimer l'étendue illi-
1. Nous no parlons pas do Phérécyde de Syros, qui est un mystique. Cf. plus haut, p. 454 et 401).
2. Dioî3[èuo Laërco. II, 2. Diogéne dit d'ailleurs formellement qu'ApoUodoro avait encore pu lire le livre d'Anaximandre, perdu depuis.
3. Strabon. I, 11 (p. 7, Cas.): 0aXoO yeyovoTa yvr/ïpniov xaX noXiTTjv.