‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 372 sur 467 · XÉNOPHANE · texte numérisé non relu

XÉNOPHANE

veaux. Dans ces courts fragments, il y a de la précision, une netteté parfois un peu sèche, comme il convient h Texposition scienliPique, mais souvent aussi unoplénitude élégante et sévère, beaucoup d'habileté à exprimer des idées difQciles, de la véhémence, une ironie puissante bien que sobre, une grandeur enfin qui vient delà grandeur même de la pensée. Bien qu'il ne soit pas h proprement parler un dialecticien, il a plus de souplesse dans la discussion que n'en paraissent avoir eu les premiers prosateurs : la poésie est à cette date un instrument plus docile que la prose; entre les mains d'un artiste, elle se prête mieux à l'expression des idées subtiles et délicates. Des autres ouvrages de Xénophane, et surtout de ses élégies, il nous reste des fragments non pas plus nombreux, mais plus étendus, où se laissent voir la grâce sérieuse de sa pensée et le tour aimable de son talent. Plus d'une fois, on y retrouve son dédain des opinions vulgaires ou sa préoccupation des idées philosophiques. C'est dans une élégie qu'il se moquait de la doctrine de Pythagore sur la métempsycose :

Un jour, dit-on, passant prés d*un chien qu'on battait, il s'apitoya et prononça ces mots : « Gesse de frapper ; Pâme d'un de mes amis habite ce corps ; je le reconnais à la voix*.»

Ailleurs, parlant des entretiens qui s'engagent après boire, il voulait qu'on en bannît les « frivoles fictions des ancêtres », « les combats des Titans, dos Géants et des Centaures >>, et qu'on y gardât toujours « un juste souci des dieux ^ m. Il n'aime pas mieux les athlètes que les poètes épiques ; sur ce point encore, il brise avec la tradition. Il parle déjà des vainqueurs d'Olympie comme feront plus tard les Euripide et les Platon. La philosophie est bien supérieure à ces vanités :

i. Fragm. 18.

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