OxXoXo{6o^oc (cité par Diogène Laërce, IX
HERACLITE 505
mots amers qu'il so plaisait à lancer contre les Éphésiens. Ceux-ci ayant exilé son ami Hermodore, il redoubla contre eux d'acrimonie et de sarcasmes. Il vécut à Técart, en misanthrope, uniquement occupé de ses méditations. Prié par ses compatriotes de leur donner des lois, il s'y refusa, trouvant leur méchanceté incurable *. Il mourut d'hydropisie, dit-on, vers Tâge de soixante ans*. — La légende a rendu son nom populaire en l'opposant à celui do Démocrito, qui riait de tout, tandis qu'Heraclite pleurait sans cesse ^ Sous une forme naïve, la légende exprime pourtant une idée juste : Heraclite est un dédaigneux, un solitaire, et le fond de sa pensée est triste ; car il a, le premier en Grèce, proclamé la vanité essentielle de toutes choses, et brusquement substitué aux beaux contours du vieux monde poétique l'universelle et fuyante instabilité de l'écoulement sans Qn.
Beaucoup d'incertitude, à vrai dire, enveloppe son système *. Il l'avait exposé dans un livre en prose que les anciens intitulèrent tantôt De la nature, tantôt Les Muses ^ et qui était divisé, selon Diogène Laërce, en trois parties • : la première, sur Tensemble des choses (repi toO 7:avT6;)| la seconde sur la politique et la morale, la troisième, sur la théologie. Nous n'en avons plus que des fragments. La plupart sont pleins d'intérêt, mais trop souvent la suite des idées, la relation et la proportion des différentes parties, quelquefois môme le vrai sens