Bergk, Gr. LU, t. II, p. 213, n
des modes musicaux, comme compositeur aussi, qu'il avait été novateur et vraiment grand. Cependant ses vers mômes, quand il consentait à ne pas les emprunter simplement aux poètes épiques ses prédécesseurs, ne manquaient pas non plus de force et de beauté. On le comparaît comme poète à Homère ^ Il avait quelque chose de la grandeur et de la simplicité homériques, mais avec plus de gravité religieuse. En musique, on le comparait à Orphée ^, et l'on attribuait parfois quelques-unes de ses mélodies à Philammon ^ c'est-à-dire qu'on aimait à recoimaitre en lui un interprète de la pure tradition grecque ; de môme, dans sa poésie, on retrouvait un fidèle écho de la vieille épopée nationale, auquel s'ajoutait un accent personnel plus sobre encore et plus mâle. Les vers qui nous restent confirment ces indications. Dans les trois fragments spondaïques, celte suite de mots si simples, avec leur précision liturgique, avec leurs longues accumulées, avec leur rythme lent et solennel, donne l'impression d'un art vraiment religieux. Ailleurs, les deux hexamètres sur Lacédémone, dans leur énergique précision, rappellent les saines traditions de Tépopée et font déjà pressentir Télégie ^. — Le dialecte de Terpandre semble avoir été pour le fond assez semblable à celui d'Homère, avec un mélange de formes doriennes dans les mètres autres que le vers épique.
On citait dans l'antiquité un certain nombre de citharèdes lesbiens qui se rattachaient à Terpandre et qui lui formaient comme une école : en première ligne ce Képion dont le nom était devenu celui môme d'une composition de Terpandre; puis, après une série d'autres artistes
i. Plut., De Mus,, c. 5.