‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 66 sur 467 · Fragm. 4 ; dans Diod. de Sic, ibid. Cf. Plut, lycurg · texte numérisé non relu

Fragm. 4 ; dans Diod. de Sic, ibid. Cf. Plut, lycurg

3. Fragm. o; dans Pausan., IV, f», 2; Schol. de Platon, p. 448 (Bukker).

Sparte; des rois dignes de leur rôle loni conservée; il faut respecter Tœuvro des dieux 6t des ancêtres. — Ensuite Tair homérique du style. Le récit do ces choses antiques appelait naturellement les souvenirs de Tépopée. Nulle part peut-être, dans une élégie grecque, on ne trouverait plus d'expressions épiques que dans ces fragments. Et ce n'est pas seulement dans les trois ou quatre vers hexamètres qu'on peut croire fidèlement reproduits d'après Toracle de Delphes; c'est aussi bien dans le reste du poème, oii abondent les épithètes épiques : a le blond Phébus à Tare d'argent », « l'aimable ville de Sparte », « les paroles infaillibles », etc.

Les Exhortations nous sont mieux connues, grâce à de longues citations de l'orateur Lycurguo et de Slobée, qui nous en ont conservé trois morceaux de trente à quarante vers chacun. Ici, peu ou point de mythes; nul récit, nul retour sur le passé; rien qu'un appel véhément à la vertu, avec des tableaux énergiques du sort réservé soit au brave, soit au lâche. C'est le contraste entre la bravoure et la lâcheté qui est le motif essentiel de ces morceaux et qui en détermine la composition. Les deux idées s'opposent Tune à l'autre et chacune à son tour est analysée en ses parties. Tout cela est d'un art très simple et qui exige peu d'invention proprement dite. — Le style aussi est d'une simplicité droite et franche, avec beaucoup de souvenirs homériques pourtant : certaines formules traditionnelles de l'épopée y sont fréquentes. En revanche, on y sent peu d'effort pour renouveler l'idée par l'expression; on y trouve peu de figures de mots^ peu de cet éclat de style qui dans le lyrisme choral sera si vif. Les mêmes locutions se répèlent avec naïveté et abandon. Trois vers en une page se terminent par êv «po- [i.àjjov'îv 7:eç(ov ou èv 7:po[tà'/owiT:e'î6vTa. La phrase est ferme, sans élégance exquise; elle sent parfois l'improvisation. Mais ce qui relève tout, ce qui a gravé ces vers dans la

mémoire des lettrés et des hommes d'action, c'est la foi patriotique dont ils sont pleins : jamais la religion civique n'a parlé un langage plus fier, plus ardent, plus convaincu. G est l'accent qui en fait la beauté beaucoup plus que le style. On y sent une âme guerrière, héroïquement croyante au devoir et à l'honneur. D'ailleurs, à la profondeur et au sérieux du sentiment, s'allie le don de voir les choses et de les peindre, le sens plastique, pour ainsi dire, qui anime les idées abstraites, qui les fait vivre, qui met sous nos yeux, dans la vérité vive, familière, parlante, de leur attitude, le brave et le lâche, le bon hoplite « bien campé sur ses jarrets, rivé au sol, mordant sa lèvre », et le misérable vaincu, dépouillé de tout, vagabond et mendiant.

Le premier morceau, cité par l'orateur Lycurgue *, comprend trente-deux Vers.

Il est beau pour un brave de mourir au premier rang en combattant pour sa patrie; mais quitter sa ville natale et ses champs féconds pour aller mendier çà et là, traînant après soi sa mère vénérée, son vieux père, ses enfants en bas âge, et la femme qu'on a épousée vierge, c'est le dernier "degré de la misère.

Il faut combattre les uns près des autres, en se. sentant les coudes (wap* àXXviXowi (livovre;). Il est honteux de voir les vieux tomber au premier rang tandis que les jeunes se sauvent. La mort même, laide pour le vieillard, a de la grâce dans « Taimable jeunesse » ; trait charmant et bien grec. Un jeune guerrier, « admiré des hommes, aimé des femmes tant qu'il vit, reste beau encore quand il tombe au premier rang. » Suivent les deux vers cités plus haut sur l'attitude du bon hoplite. — Avons-nous là, comme le croit Bergk, une élégie entière? ou bien,

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