‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 79 sur 467 · Phitarque, Soion · texte numérisé non relu

Phitarque, Soion

2. IliXîStov TC£pi6l|jLevoc, dit Phitarque. Déjà Démosthène avait fait allusion à ce détail {Ambassade, J 255 : xSv itiX(8iov Xagwv é7r\ tf.v xeçaXT)v irepivoaxTj;). Gomme le «iXtSiov était aussi une coifTure de malade (cf. Platon, Rép. ITI, p. 406, D), on peut snpposer (pie 1;» légende de la folio simulée de Solon (rapportée par Plularque et par Diogéno Laërce) est venue de cette coïncidence. Mais peut-être Solon lui-môme» par quelque plaisanterie analogue à celle de son déguisement en voyageur, y avait-il donné sujet.

3. Ou peut-être ; «Des vers et des chants, voilà ma marchandise. >» Le texte porte : KA<r|Aov èiréwv (j)8^v t* àvx' àyopîiç ôépievoç. On entend d'ordinaire àyopr, au sens de Sv^fiir^Yopta, mais le héraut dont il est ici question semble être lo crionr qui v<mi;1 los marchandises dans

ayopa.

4. 'Attixoç outoc àvTjp tûv SaXajiivaçcTCDV. Littéralement : « de ceux qui ont idché Salamine »•

Ce poème, suivant Plutarque, était d'une élégance achevée ^ Certains vers, sans doute, rappelaient Tyrtée, mais il y avait dans l'ensemble une vivacité légère et une variété de ton vraiment attiques.

Plusieurs élégies de Solon se rapportaient aux misères qui avaient précédé ses réformes. C'étaient des Ex' horiations, et c'est par ce titre que Suidas les désigne *. Un long morceau de ces Exhortations (quarante vers,peutétre une élégie entière) a été conservé par Démosthënef qui y trouvait une admirable peinture des maux causés dans les états par les mauvais citoyens ^ On a signalé, non sans raison, quelque analogie d'inspiration entre cette pièce et YEunomie de Tyrtée. Mais il y a dans le poème de Solon une ampleur et une gr&ce qui ne devaient pas» autant que nous en pouvons juger aujourd'hui, se rencontrer à beaucoup près chez son prédécesseur. Le début présente une très belle image :

Notre patrie n'a rien à craindre ni de la volonté de Zeus ni des pensées des bienheureux Immortels. La déesse au grand cœur veille sur elle ; la fille d'un père tout-puissant, Pallas Athéné, étend son bras sur la cité.

Les maux d'Athènes viennent non des dieux, mais des hommes. Los chefs du peuple, les nobles, sont dévorés par l'amour insatiable des richesses et ne reculent pas devant l'injustice pour les acquérir. Le mal gagne de proche en proche.

Voilà l'ulcère qui ronge désormais toute la ville sans qu'elle puisse échapper. Elle est tombée promptement dans la triste servitude ; celle-ci réveille la discorde intestine et la guerre qui sommeillait; alors Paimable jeunesse périt en foule *,

Page 1