‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 203 sur 514 · CARACTÈRES DD PREMIER SIËCLE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DD PREMIER SIËCLE

qu*une très petite part dans ce mouvement. Affreusement dévastée par les guerres de Milhridate, puis par les guerres civiles, elle végète alors pauvrement et se refait par de longs etforls. Ce n'est que dans la période suivante qu'elle recommencera à jouir de quelque prospérité '. Au contraire, Alexandrie, très riche et très brillante, bien qu'elle ait cessé d'être la capitale d'un royaume indépendant, demeure la plus grande ville du monde après Home; avec son Musée, ses écoles de grammaire, ses bibliothèques, et aussi son importante communauté de juifs hellénisants, elle entretient un actif mouvement d'idées et d'études. Son rôle propre sera de fondre ensemble l'Iiellénismc et le juda'i'sme, et déjà elle y travaille activement avec Philon. A côté d'elle, la Judée, sous les Hérode. s'ouvre aux iniluenccs grecques, et, si le peuple en masse y reste hostile, la cour de Jérusalem du moins devient un foyer d'hellénisme : nous y trouverons l'historien Nicolas de Damas. Moins heureuses, les provinces grecques de Syrie et d'Asie Mineure, fort appauvries aussi par les guerres, semblent avoir perdu pour quelque temps leur vie propre. C'est seulement vers la Qn du i" siècle, sous les Flaviens, que les écoles de Smyrnc, d'Éphèse, de Pergame recommenceront à sortir de leur obscurité. Colles de Syrie ne grandiront qu'à partir du second ou du troisième siècle. Pour le momeut, ces provinces se contentent d'envoyer à Home ce qu'elles produisent d'hommes actifs, intelligents et antbitieux.

Rome est en effet devenue, par le fait de l'établissement de l'Empire, une ville unique, qui attire tout & cite et dont l'influence se fait sentir partout. C'est à Rome que la littérature grecque va, pour ainsi dire, se

I. Voyez Hertzberg, Hat. de la Grice tous la domination romaine, tradnclioa Bonché-Leclarcq, t. I.

Hi*t. d« 1> Litt. gr«K<i«- — T. T. S3

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transporter, jusqu'au temps où la Grèce et l'Orienl grec auront relrouvo, dans des conditions de vie meilleures, une certaine indépendance inlellcctuetle. La conséquence immédiate de cette émigration, c'est que les Grecs de ce temps écriront souvent pour les Romains, autant ou plus que pour leurs compatriotes. Devenus leurs cUenIs et désireux d'être approuvés d'eux, les critiques se proposeront de leur faire mieux connaître les grands écrivains qui sont considérés comme des maîtres par les deux peuples également; les historiens rassemblerool et résumeront pour eux les annales des royaumes qu'ils ont soumis; les philosophes approprieront à leurs besoins l'enseignement traditionnel de leurs écoles.

Cette situation nouvelle aura ses inconvénients et ses 'avantages. L'inconvénient le plus apparent, et le plus grave à coup sûr, c'est que toute cette littérature, ainsi dépaysée et souvent trop protégée, manquera absolument d'originalité, de hardiesse, faute d'être alimentée et encouragée par un sentiment national indépendant. Un autre, c'est quoj pour satisfaire à la curiosité un peu puérile de ses prolecteurs, elle donnera parfois trop d'importance à des futilités * . Nous trouverons dans la littérature grecque de ce temps mainte trace de cette influence déprimante et rapetissante.

Mais, d'autre part, on ne peut nier que Rome, en attirant à elle les Grecs, et en leur imposant quelque chose de son esprit, ne leur ait rendu service à bien des égards.

D'abord, elle leur a offert des moyens de travail qu'ils auraient ditïicilement trouvés ailleurs. Elle a mis à leur disposition ses bibliothèques ^, ses archives publiques et

i . Voyez les ronseignements fourala par Suétone sur la cour d« Tibère ot lc3 questions qu'il aimait à poser à ses grammairiens. Vie de Tibèrt, c. 56,

S BiBLioTaèguE de Pollion, fondée par lui en iO av. J.-C-, dam

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INFLCENCB DE ROME 339

privées: clic a tourné leur attention vers son histoire, ses mœurs, ses institutions, ses monuments; elle les a mis en relations avec les héritiers et les représentants de SCS grandes familles; elle leur a fait voir do près sa force et ses moyens do gouvernement. Ce que des historiens, même d'un génie médiocre, ont dû tirer de là d'informations et de vues nouvelles, on le devine aisément.

En second lieu, elle a certainement donné occasion, à quelques-uns au moins d'entre eux, aux plus intelligents, à un Strahon surtout, de voir les choses de plus haut. Il était plus facile de se représenter le monde en son ensemble, de Rome, qui en était le centre, que, d'Amasée dans le Ponl. Vues du voisinage du Capilolc, les petits pays semblaient petits comme ils l'étaient rceilemenl, tandis qu'ils auraient risqué de paraître plus grands qu'ils n'étaient à dos gens qui n'en seraient jamais sortis.

En troisième lieu, l'esprit romain, avec ses qualités pratiques, a tempéré heureusement, pour un temps au moins, ce qu'il y avait de trop spéculatif dans l'esprit grec. La philosophie morale des Scxtius, des Musonius, et par conséquent celle d'ÉpicLète, qui en est issue, si elle est grecque par la tradition dogmatique, a cependant subi forlemcnl l'influence i^e la vertu romaine. Et il n'y a pas lieu de le regretter, ni au point de vue moral, ni au point de vue littéraire, puisqu'il s'en est dé-

l'Alrium de la Liberté, avec le butin de sa campagne da Dalmalic IPlioe, Bisl. Nal. 3ï, 2; Ovide, Triiles, III, ), 11). — BiBLioTHÉmiB OcT.iru. Fond.-e par Octave en 31, dans ic théâtre île Marcelhis, en l'bonaeur de sa sœur Octavie (Dion Cassius, 1. 49, c. 43 fin. Suéloiie, Gi-amm. iUustr., îl). — Bibliothéoue palatine, fondue par .\ugu3te. en SB, dans le tomplo d'Apollon au Palatin (Suétone, Oelae-, Î9. 31 ; César, 5S ; Ovide, Amores. Il, 18, etc.)- — Art. Biblio- Ihtken (Vn, BibUotheken des Ronierreicha), par Dïlatzko, dans l'encycl. de Panly-Wissowa.

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340 CHAPITBK IL — D'AUGUSTE A DOUITIEN gagé quelque chose d'original, qui ne peut être confondu ni avec le stoïcisme d'un Chrysippe, ni avec l'ascétisine mystique des néoplatoniciens. Enfin, pour ne parler que du goût, le génie des Romains répugnait plus que celui des Grecs à l'alTéterie, au verbiage vide et sonore: il avait quelque citoso de solide et de sain ; et nous alloQS entendre les Grecs eux-mêmes reconnaître que son influence n'a pas peu contribué à cette renaissance de t'atticisme dont nous aurons à nous occuper presque immédiatement.

Le premier écrivain qui se présente à nous, moins pour raison de chronologie que parce qu'il tient très étroitement à la période antérieure, c'est Diodore de Sicile. Abréviateur des historiens qui l'avaient précédé, ce n'est pas assez de dire qu'il dépend d'eux, car en réalité son œuvre n'existe que par la leur, dont elle n'est, à proprement parler, qu'une appropriation. Mais, d'autre part, cette œuvre est née à Rome, et, dans une certaine mesure, elle est marquée de l'empreinte romaine. Par là, elle se prête à être regardée comme la première où se révèle le caractère, médiocrement original d'ailleurs, du premier siècle de l'Empire.

JSé vers l'an 90 à Agyrium en Sicile ', Diodore, grec

1. Nos reneeignemenU biographiques sur Diodore sont très pauvres. Une notice de Suidas (Aiiiiupo! Si)ii).iwtiiO. en trois lignes, DOUB apprend seulement qu'il vivait aous Auguste et aaparananl. Photius (cod. 70 et !4t) analyse une partie de ses histoires. mais no nous apprend à peu prés rien sur lai. Nos meilleurs renseignements sont ceux que Diodore nous a donnés lui-même. Ls date approximative de sa naissaoce ne peut être obtenue que par .une déduction résultant des faits que nous relatons dans la texte. Sa Bibliothèque dut paraîtra vers l'an 30. Il y avait travaillé 30 ans.

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d'origine, y appr*!! de bonne heure le latin (But. i, 4). Dès qu'il eut conçu le projet de sa grande œuvre historique, il s'y prépara par de longs et pénibles voyages à travers l'Europe et l'Asie '. Cela laisse supposer qu'il jouissait d'une assez large fortune pour être libre de son temps et ne pas regarder à la dépense. Un de ses voyages le conduisit en Egypte dans la 180» Olympiade (60- 57 av. J.-C). Il fit aussi de nombreux et longs séjours à Rome, où il trouva, nous dit~il, les ressources de travail nécessaires à sa grande entreprise (i, 4), Celle-ci lui demanda trente années de préparation (Ibid.). Elle semble avoir été achevée et publiée vers le début du règne d'Auguste, car il y est fait allusion à l'apothéose de César (i, 4, 7); on s'explique que l'auteur d'où Suidas a tiré sa notice ait fait vivre Diodore sous Auguste, si c'est alors en effet qu'il se fil connaître. D'autre part, il est peu probable que l'ouvrage ait été publié plus tard, car il n'y est fait aucune allusion aux événements postérieurs à l'an 30; d'ailleurs, Diodore ne devait plus être jeune, lorsque l'empire fut établi. Le titre authentique de l'ouvrage paraît avoir été Bibliotkègue historique (probablement 'Iiropiûv ^lêXtoOTixii) '. Persuadé de l'utilité do l'histoire, surtout de l'histoire universelle, qu'il vante dans sa préface, et, sans doute aussi, ambitieux d'attacher son nom à une grande œuvre, Diodore se proposa surtout de réunir en un exposé

En admettant qu'il en eût commencé la préparation vers sa trentième année, cela reporte sa naissance à l'année 90. Mais on voit que ce calcul est loin d'être précis. Il concorda toutefois assez bien avec ce fait que Diodore se donne & [fluBieurB reprises pour an contemporain de Jules César (voir en particulier l. I, c. 21 et iS). Consulter, dans le Diodore de Dindorf rt. Y, p. 32!), le Bmis traclalut de Diodoro et rjia icriptit de H. Estienne.

I- I, 4 : Htrà noUiiï lutKonattdi; xat xtvlijvuv litn^ta(itv «aXXnv t^( a 'Avis; kbI rijî Eùpwici):.

!. Pline l'Ane, prér. c. ïî. Cf. Sool. Ariatoph. Plutm. ï.9, etSuidu, notice citée.

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S42 CHAPITRE II. — D'AUtSUSTE A UOMITIEN synthétique, sous une forme claire, la masse de faits qu6 ses contemporains étaient obligés de chercher dans des ouvrages divers, et dont ils avaient peine par suite à saisir la concordance. L'idée première de cette œuvre lui avait été certainement inspirée par les histoires universelles déjà tonléos.en particulier par celles d'Éphore et de Polybe. Mais la sienne devait dépasser toutes les autres en étendue '; car il se proposait d'y faire figurer tous les siècles, depuis les origines fabuleuses jusqu'à son temps, tous les peuples, aussi bien les barbares que les Grecs et les Romains, et enfm toutes les parties de la connaissance historique, géographie, histoire des institutions et des mœurs, des arts et des lettres. Celait une véritable encyclopédie historique qu'il avait en vue, et on ne peut nier qu'il n'y eût dans ce projet même une certaine grandeur et un sentiment juste des besoins du temps.

Pour constituer le plan de cet immense exposé, Diodore, pénétré de l'importance d'une bonne composition, voulut avec raison associer l'ordonnance chronologique à une combinaison raisonnée qui grouperait les choses de manière à en faciliter l 'intelligence *. Attentif à suivre d'une manière générale l'ordre des temps, et soigneux de fixer dans le drtail les dates précises en établissant la concordance entre les divers systénies de chronologie usités jusque-là, il se refusait pourtant à morceler son récit par années, et il entendait le diviser en périodes assez larges, dans lesquelles il exposerait, l'une après l'autre, les diverses séries d'événements parallèles. Telle était du moins son intention ; il l'avait conçue et mûrie à la lecture d'Kphore; et elle était excellente en elle-même '. Voici comment il la réalisa. 1. 1, S; IV, 1.

i> V, 1 : nàvTwv |iiv TÛ1 iv taïf àvaTpaf bT; y fr,ai\iMiy itpavoT,Tiov nv{ 3. V, 1 : "Efopo; £à ...tûv ^iE).uv [xcioTT.v nti[oiT|it ntfUx'i^ *"*

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DIODORË DE SICILE 348

Lui-même nous donne, dans sa préface, comme la table sommaire de sa bibliothèque '. Divisée on quarante livres, elle embrassait une période de onze cent trentehuit ans, sans compter les temps antérieurs k la chronologie, laquelle commençait pour Diodore à la guerre de Troie *. Ces livres étaient répartis en trois groupes :

Premier groupe, période mythique antérieure à la guerre de Troie : six livres, dont Irois pour l'histoire primitive des barbares et trois pour celle des Grecs : — 1. I, en deux parties, ^j/yp/e; — 1. Il, Assi/rie, Chaldée, Médie, Inde, Scytkie, Arabie, Iles de l'Océan; — 1. 111, Ethiopie, Peuples d^ Afrique, Amazones, Allantes, Généalogie des dieux issus d'Ouranos; — 1. IV, Mythologie grecque; — 1. V, Histoire primitive des Iles ; îles de la Méditerranée ; lies de l'Océan, Bretagne, et incidemment les Celtes, les Celtibères, les Ligures, les Tyrrhénîens ; îles de l'Océan Indien, et notamment Panchaea; enfm, lies de la mer Egée, parmi lesquelles la Crète avec ses légendes; — I. VI, Fin de la mythologie grecque. — De ces six livres, nous ne possédons plus que les cinq premiers avec quelques fragments du sixième.

Second groupe, de la guerre de Troie & la mort d'Alexandre : onze livres. D'abord quatre, presque entièrement perdus, savoir : — 1. VII, de la guerre de Troie aucommencementdes 01ympiades(l 183-776 a. J.-C); — l.VIIl, fondation de Rome, colonisation grecque, guerres de Messénie, etc.; — I. IX, suite des rois do Rome, Solon et les Sages, Crésus, Phalaris. Cyrus, Pîsislrate.elc; — 1. X, derniers rois de Rome, Pythagoro, fin de Cyrus et Gambyse, les fils de Pisistrale, première guerre médique. — Puis, sept livres, qui subsistent en entier et qui

wtiiîi tara t'a îwvutôï àKC'^d|uta tbiIt^k t^ npoaipùtwc. I-1,(, ï 6 et 7.

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344 CHAPITKE 11- — U'AUGL'STE A DOMITIKN

embrassent la plus importante période de l'histoire ancienne, de 481) à 323 ; savoir : 1. XI, de iSO à 4S I , seconde guerre inédique ; la Grèce, la Perse, l'Egypte, la Sicile dans les dix-neuf années suivantes ; — I. Xll, de 450 à 416, développement de Tempire d'Athènes sous Périclès; suite de l'histoire de la Sicile et de la Grande Grèce, Charondas ; les décemvirs à Rome et la loi des douze tables; première partie de la guerre du l'éloponnèse; — 1. XIII, de 413 à 403, fin de la guerre du Péloponnèse; guerre des Carthaginois en Sicile; — I. XIV, de 404 à SST, les trente tyrans à Athènes cl leur renversement, Donys tyran de Sicile, expédition de Cyrus le jeune, et retraite des dix: mille, les Grecs en Asie Mineure, Denys et les Carthaginois, guerre de Béotie, Agosilas, invasion des Gaulois en Italie ; — 1 . XV, de 386 à 36 1 , Évagoras el la Perse, la cour de Denys à Syracuse et la fin de son règne, succès des Thébaios, révolte de l'Egypte, affaires de Thessalie et de Macédoine ; — I. XVI, de 360 à 336, règne de Philippe de Macédoine et faits contemporains, en Sicile particulièrement (expédition de Timoléon); — I. XVII, de 333 à 323, Alexandre et son temps.

Enfin, les vingt-trois derniers livres embrassaient seulement deux siècles et demi, de la mort d'Alexandre au commencement de l'expédition de César contre les Gaulois '. — De cette série, nous ne possédons plus que les livres XVIII, XIX et XX, qui vont de 323 à 302, contenant par conséquent l'histoire complète des successeurs d'Alexandre, celle d'Agathocle et la suite des guerres du Samnium. Les vingt autres livres sont perdus, à l'ciceplion d'un assez grand nombre de fragments '. En

1. Cette limile, que DIodore indiquait dans sa préface (I, 4. % 7), n'avail pas élé rigoureusement observés par lui ; car il parlai! de l'eipédilion de Ci-ear en Brelogne (Fr. du 1. XL, 7).

i. Pour les livres S1-2S, ces fragments proviennent prineipale-

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somme.- sur un lotal de quarante livres, quinze seulement subsistent, c'est-à-dire un peu plus du tiers de l'ouvrage .

Lorsqu'on embrasse du regard ce vaste ensemble, si justement dénommé « bibliothèque », il est difficile de ne pas éprouver quelque admiration pour la force de travail do celui qui l'a exécuté et quelque reconnaissance pour le service qu'il nous a rendu par là. Son ouvrage a été dès son apparition, et il est devenu de plus en plus, à mesure que d'autres disparaissaient, la plus abondante source d'informations pour l'histoire des peuples anciens. Beaucoup lu sous l'empire, il valut à son auteur une renommée méritée '. Cette renommée s'est perpétuée jusqu'aux temps modernes; mais elle y a été vivement contestée. Dès l'époque de la Renaissance, Diodore a rencontré à la fois des admirateurs et dos critiques *. El, mieux on s'est rendu compte des vraies conditions du travail historique, plus, il faut l'avouer, on s'est montré sévère à son égard. Juste au fond, cette sévérité a été quelquefois exagérée, et nous devons essayer de la ramener ici à la vraie mesure.

Il est certain d'abord qu'une entreprise comme celle de Diodore offrait des difficultés de plusieurs sortes, dont il ne parait pas s'être douté, el dont, en tout cas, il était hors d'état do se tirer. La première était celle de la

mentd'eilrails faits aoxvit'aiécleparHœaehet (Eclate HiEfcAf/iana); poar les livres 31-10, nous avons les analyses ds Photius (cod, 2Ul et divers extraits provenant des conipilaliona de GonaldOtin PorpbyrogéQèti]. Les autres fragments sont des citations dues aux biitoricns chrétiens et byzantins.

1. Ps. Justin, Cahorlalio ad Grxcoi, p. ii B Otto : 'O {vSatitato; U xap' ii|<,Iv Tûv inopMYpafûv AiiiupiK. Eusèl>e. Pi'ép. inong., 1, 6 : i ï^iiisliiâiT|( Aiiîn>po< rvu,pi|iiiitiiioc iv^a.

S. Voir dans le Diodore de Dindorf. t. Y. l'essai de Gatterer De operii hUlorici a Diodoro çompoiili gearre ae Birlutibus, où les principaux jugements sur Diodore sont rapportés et discutés (p- 398 et

toiv.).

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chronologie. Diodore ne semble avoir eu aucune pratique raisonnée du calcul des temps; il a cru qu'il suffirail, pour ce qu'il voulait faire, de mettre à profit les travaux antérieurs. La chronique d'Apollodore lui servît, pour ainsi dire, de canevas chronologique pour toute la première partie de son histoire, et sans doute même au delà * ; mais, en outre, il emprunta tout simplement à chacun des historiens qu'il dépouillait sa manière propre de compter le temps, bien que les uns comptassent par années solaires, d'autres par saisons, d'autres encore par olympiades ou par années attiques ; et il le Ht, sans se préoccuper de les concilier; de ià, malgré son exactitude apparente, quantité de divergences gênantes dans le détail des faits. De plus, il a voulu superposer la chronologie romaine à la chronologie grecque, sans se rendre compte des obscurités de la première et sans remarquer que l'année grecque ne coïncidait pas avec l'année romaine '.

Cela, toutefois, n'aurait, donné lîou qu'à un défaut accessoire. Une autre difficulté., bien plus grave parce qu'elle touchait au fond même des choses, était de faire la critique de témoignages multiples et parfois contradictoires, soit pour les concilier, soit pour choisir les meilleurs en connaissance de cause. Cette critique, Diodore ne paraît pas avoir cherché sérieusement à l'exercer. L'étude de ses sources a permis peu à peu de discerner sa méthode et de constater à quel point elle est loin d'être scientifique'. Pour chaque partie de sod

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