LE STOÏCISME
Arrivons onûn aux grands créateurs de doctrines, à Zenon el à Épicure.
Le stoïcisme, fondé par Zenon, a été organisé el complété par Cléanthc, par Ariston de Clitos, surtout par Chrysippc. Ces créateurs du stoïcisme ont cliacun leur physionomie originale et leur rôle personnel dans l'achèvement de la doctrine. Mais ils ont aussi certains traits communs qui frappent d'abord l'observateur. Aucun d'eux n'est Athénien de naissance. Ce sont des Grcrs du dehors, de condition modeste en général. L'art les touche peu, et encore moins le respoct des opinions traditionnelles. Ils portent dans leur vie un grand sérieux et une indépendance <]ui nes'eiïraied'aueune opposition ni d'aucune raillerie. Ils affectent un langage bref et sentencieux. Ils ne craignent pas le paradoxe. Ils raisonnent avec intrépidité et ils conforment leurs mœurs à leurs raisonnements. Ils rompent en visière ouvertement aux préjugés de la multitude, ce qui ne les empêche pas, d'ailleurs, de rester foncièrement grecs par une foule d'idées particulières et par cet amour même de la dialectique dont ils s'enivrent jusqu'aux paradoxes les plus audacieux ot les plus tranchants.
Zenon naquit, vers 336, à Kition, colonie phénicienne de l'ilo de Chypre *. Kition était depuis longtemps hellénisée, mais la race y était sans doute assez mêlée et Zenon lui-même parait avoir eu quelques attaches avec les anciens colons du pays '.
l. Notice dans Dlogine Laeroe, VU, 1-160. — Cf. Snseniihl, Grieeh. tH. <t. AUx.. I, p. *8-58.
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50 CHAPITRE II.— PHILOSOPHIE AU III* SIÈCLE Son père, qui venait souvent à Athènes pour ses affaires, lui en rapporta les ouvrages des Socratiques, et notamment les Mémorables de Xénophon '. Z6non lui-même fit d'abord du négoce. A vingt-doux ans *, étant venu à Athènes pour son négoce, il y fit la connaissance de Craies le cynique. Il abandonna le commerce et fut d'abord le disciple de Cratès ^ Mais il le quitta bientôt pour s'attacher à Stilpon de Mégare, puis au Platonicien Polémon *. En même temps il Taisait force lectures. Les philosophes anciens l'attiraient, et en particulier Heraclite, dont la doctrine devait passer presque tout entière dans le stoïcisme'. Au bout d'une vingtaine d'années de travail et de méditation, il se résolut à exposer à son tour un système personnel. 11 réunit chaque jour, au Portique des peintures (Stok iroixiJ.ïi), quelques disciples peu nombreux °, et se mit à causer avec eux de philosophie. Son écolo s'appela l'Kcole stoïcienne ou du Portique (ÏTutxoî). l'endant trente ou quarante ans encore, il jeta les fondements de la doctrine cl en arrêta los grandes lignes ', soit par .ses conversations, suit par des écrits. La liste Je ses écrits est dorniéo par Diogène Laërce'. Elle n'est pas très longue.