GHAP.VI.— DE SEPTIME-SÉVÈRE A, DIOCLÉTIEN
pratique. Peu de règles, mais beaucoup d'exemples. Le mérite auquel il paraît viser est celui de la précision : distinguer les divers cas plus ou moins similaires, faire bien sentir ce qui est propre à chacun d'eux. Son livre a des qualités pédagogiques ; il ne faut pas lui en attribuer d'autres. — Indépendamment de sa réputation de professouret d'orateur, Apsinès paraît s'en être fait une aussi comme critique. Il avait composé un Commentaire sur Démoslhène, auquel il est fait allusion dans quelques-unes des scolics subsistantes. Sa Rhétorique prouve du reste qu'il l'avait étudié de près'.
Nicagoras d'Athènes, sophiste et historien, Minucianus qui vécut jusque sous Gallien (260-268), Callinicos et Génélhlios, leurs contemporains, Rufus, dont l'époque n'a pu être déterminée, ne sont pour nous que des noms, qui servent d'étiquettes à des fragments sans originalité. La TéyvD de Minucianus eut cependant sa vogue : elle /ut commentée comme une oeuvre classique, notamment par Porphyre '.
Ménandre, de Laodicéc en Lycie, est signalé par Suidas comme un commentateur d'Hermogèno et de Minucianus, ce qui laisse supposer qu'il vécut au temps oix la renommée de ce dernier subsistait encore, et probablement subit son influence. Il est vraisemblable qu'il ne doit pas être distingué du Ménandre qui est cité plusieurs fois dans nos scolics de Démoslhène et du Panathénaïque d'Aristide *. Nous n'avons plus sous son nom que deux^lraités Sur les discours épidictiques (Hapî ict-
1. Scol. do DémoBth., Leplin.. 4SS, 9, et scol. d'Hermogène, V, un. Wahl.
2. Nicagoras, voir C. Mûller, Fr. Hist. Gr., III, p. 6B3. Minucianus, IIip\ tnix«ipr,[iâThiv, Rhel. Gr., Spengel, I, 415; Suidas, Hivau- Ktxvic, rfvi6),(ac, Uivavtpg; et IlDpfiJpia;. — Bufus, Ti][vf| piiTapixi], Rfi. Gr., Spengel, I, 461.
3. Ed. Dindorf, t. III, p. 36, !! et Hiirtoiit 360, 2. La citation de la page !!3, 34 me paraît se rapporter an poète Ménandre.
jM,Googlc
GAS8IUS LONOIN 783
WrixiSy) 1. Le premier seul paraît devoir lui revenir défioitivement ^. Il y étudie, sans aucune profondeur, mais non sans goût, les diverses formes de l'étoge, d'après les lieux communs qui leur sont propres, et caractérise le style qui leur convient. Des citations assez nombreuses relèvent l'intérêt de l'ouvrage. Le second traité, plus développé, s'attache à classer les formes de l'éloge ou du compliment d'après leur destination. Il nous fournil, comme le précédent, d'assez curieux renseignements sur les habitudes et les méthodes de l'éloquence officielle du temps.
Mais, entre tes rhéteurs du in* siècle, la première place parait revenir à Cassius Loagin, bien que ses œuvres soient presque entièrement perdues '. Né probablement avant 220, neveu et héritier du rhéteur Fronton d'Émèse, qui avait professé à Athènes en concurrence avec Apsinès, il appliqua successivement sa vive et souple intelligence à la philosophie, à la rhétorique, à la critique. Sa jeunesse se passa à étudier et à voyager. 11 suivit à Alexandrie les leçons des néoplatoniciens Ammonios Saccas et Origène *. Devenu chef d'école, à son tour, il fut le maître de Porphyre pour les belleslettres et la critique, et il paraît l'avoir aimé d'une sincère affection '•. Il ne semble pas avoir connu personnellement Plotin, mais il lut avec empressement ses écrits, qu'il admirait vivement '. Après avoir enseigné