I. Mèmepafiige. Cf. Phollus, cod. 7t
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recourir, pour y suppléer, soit à VBisloirc abrégée composée au xii* siècle par Jean Zonaras, qui a mis grandement à proCt l'ouvrage de Dion CassiusS soit à quelques autres compilateurs byzantins, qui l'ont également utilisé.
Quel fut au juste le dessein de Dion lorsqu'il entreprit cette œuvre immense? C'est ce qu'il est difficile aujourd'hui de déterminer avec certitude, car nous n'en possédons plus le début, oii l'un doit supposer qu'il s'expliquait sursesintentions. Mais il semble bien, à vrai dire, qu'il ne se soit formé aucune conception originale du râle de l'historien. 11 ne se propose de suivre spécialement ai l'histoire du développement de la puissance romaine, ni colle des institutions ou des mœurs, ni enfin celledes idées. Il n'a voulu que refaire ce qu'on avait fait avant lui, avec la prétention de faire mieux. Ce mieux, dans sa pensée, consistait à la fuis en une inforiuation plus étendue et en une narration plus vivante. Alors même qu'il n'aurait pas parlé de son travail de. préparation, prolongé pendant dix ans, noua en devinerions le sérieux et la durée, rien qu'à voir la solidité de son récit. Toutefois, dans celte préparation niéuie, il n'a rien changé aux méthodes traditionnelles. Il a lu avec soin, comparé, critiqué les uns par les autres les historiens des différents âges de Rome, les Latins lels que Varron, Salluste, César, Asinius Pollion, Titc-Live, quoiqu'il les nomme peu ou point, sans doute aussi les Grecs, tels que Polybe, Denys d'Halicarnassc; mais il ne paraît pas être remonté jusqu'à leurs sources ni avoir cherché à les compléter ou à les corriger par l'étude des mémoires, des correspondances, des archives, des monuments. L'enqut'te historique n'a donc fait entre ses
I. J. Melber, Bfilrilge zur tfeuordiiung der Fragmente dea Dio CoMiuf (Sllïungber. d. bay. Ak. d. W.. philos, und hist. CI.. IR89).
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812 c MAP. VI— DE SEPTIME-SÉVÉRE A DIOGLÉTIEN
mains aucun progrès. Elle est d© valeur moyenne, précieuse encore pour nous par l'abondance et le bon choix des détails, mais bien moins curieuse et suggestive que celle de Plularque par exemple. Le souci de l'cxacliludc, chronologique et géographique, atteste la conscience de l'aulour. Dans la dernière partie de son ouvrage, très mutilée, Dion parlait, souvent en témoin, des choses qui s'étaient passées de son temps. Ce qu'il en dit présente un intérêt particulier. Mais cela est exceptionnel. D'ailleurs, Dion a de véritables faiblesses d'esprit : les songes et les présages deviennent pour lui des événe' ments graves, el il en multiplie les relations jusqu'au ridicule. En dehors de cela même, son esprit, naturellement judicieux, manque de hauteur el de pénétration Il no sait ni s'élever librement au dessus des préjugés el des partis pris, ni embrasser l'ensemble d'une époque ou le rôle total d'un homme d'Élat, ni dégager les grands traits d'une figure historique. Son récit est sensé, substantiel, instructif, d'une exactitude générale très probable; on se dit, en le Usant, qu'on n'est pas trompé; mais on n'a pas le sentiment d'être pleinement et vivement éclairé sur beaucoup de choses obscures qui seraient pourtant importantes à connaître.
Comme il fallait en ce temps qu'on imitât toujours un des grands auteurs classiques, Dion avait pris Thucydide pour modèle '. Nous venons de voir de combien il s'en est fallu qu'il lui ressemblât dans la partie scientifique de sa tâche. On ne peut pas dire qu'il soit beaucoup plus près de lui comme écrivain. Ses qualités littéraires semblent pourtant avoir été très estimées de ses contemporains cl des lettrés des siècles suivants. Photius loue la noblesse de son style, le choix de ses
1. Photius, co<t. 71: 'Ev Sï thÏ; iTiiiiiTopîai; ...iii|i>iTnE 6a-jxuSiCa-.j, «Xiiv tt II wpb; To oapiarepov àjopî' ajiSov Si xii wt; SH^n da-jx'jliiit
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expressions, la construction savante do ses pô-riodes et leur rythme, la clarté générale de son langage; et ces éloges ne sont pas entièrement immérilcs. Dion, préparé par une éducation littéraire très soignée, s'est appliqué à écrire dans une langue classique, sans rcchcrclio sophistique et sans afTectation d'alticisine <. L'allure générale de son récit est simple : on le lit sans elTort, souvent même avec plaisir. Mais, au fond, son art n'a rien de vraiment distingué. Dos narrations monotones, sans traits vigoureux, sans vivacité,, sans imagination; des réflexions quelquefois insignifiantes, toujours dépourvues d'accent et de relief; une certaine sécheresse, qui se fait sentir partout. Comme Thucydide et les liistoricns classiques, il insère fréquemment des harangues dans son histoire. Plusieurs do ces compositions ne sont pas sans mérite ; on cite, comme intéressants pour l'historien, les deux longs programmes d'administration qu'Agrippa et Mécène sont censés développer devant Auguste au livre LU. Maïs en général ces morceaux de prétendue éloquence sont singulièrement fastidieux. Dion n'a aucunement le sens dramatique qui donne la vie aux personnages. 11 n'a ni assez de philosophie pour dégager les idées essentielles d'une situation, ni assez d'art pour les mettre en valeur. Faute de ces qualités, ses harangues, décolorées et prolixes, ne sont trop souvent que des hors-d'œuvre.
Moins connu aujourd'hui que Dion, Hérodien lui est au moins égal en mérite, quoique son œuvre n'ait ni la mémo étendue, ni la même importance historique^. Nous
i. Dion, 1,3: 'On Kaxa).lii7[T,|>ivDit, j; âaov fi xai ta jifà-(ii»tx iic(- Tpt<jit, Xitaii K(^pr,(i.xi. Cela n'empâche pas d'ailleurs qu'il n'y ait chez lui deB expreHSiona at des rormos non clasBiques.
2. Hérodien, I, ch. il, 5 et II, ch. xiv. 7. II est superQu, après cela, de faire remarquer qu'Hérodien l'historien ne doit pas étro
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814 CHAPVI— DESEPTIME-SÉVÉRE A DIOGLÉTIEN voyons, par son propre témoignage., qu'il était déjà en âge d'observer à la mort de Marc-Aurèle en 180, el (ju'îl vécut au delà de 230. On peut donc circonscrire approximativement sa vie entre 165 et 255. Nous ignorons son pays; mais il est certain qu'il se regardait comme chez lui en Italie '. Il déclare avoir exercé des charges impériales ou publiques, ce qui donne à penser qu'il dut être quelque chose conmie avocat du fisc ou procurateur impérial, et qu'il parvint peut-être ensuite à de plus hau ■ tes charges, mais sans parcourir la carrière des honneurs -. Son œuvre atteste qu'il reçut une éducation littéraire des plus soignées. Il semble avoir entrepris d'écrire lorsqu'il était déjà âgéj vers 250, avec l'intenlion d'embrasser dans son récit les soixante-dix ans qui s'étaient alors écoulés depuis la mort de Marc-Auriïle *. Kn réalîlé, il ne dépassa pas l'année 238, date de l'avénementde Gordien III.
L'ouvrage d'ilérodien est proprement une histoire des successeurs de Marc-Aurèlc (Tr,; [ieToc Mipxov pa^iXaix; IcTopîai); elle comprend huit livres, division qui est marquée par l'auteui' lui-même. Son dessein, il nous le dit, a été de raconter les actes des empereurs dont il avait eu connaissance directement *. C'était donc la personne des souverains qu'il avait en vue plus que les destinées de l'empire; el, en fait, son ouvrage a un caractère biographique, qu'on est en droit de regretter
confondu, cyiiimo il l'ii été autrefois par Sylburg et par d'iiutrca. avec le grammairien Hérodien dont nous avons parlé plus haut. i. II, cil. Il, 8, é» Tî, xctS' i,\Lài 75. Cf. III, ch. viit. 10, spectacles •lu'il a vus à Rome sous Septime-Sévére. Jugement sur les Grecs, III, eh. ir, 7.
2. I,ch. Il, 5. î'Eoîi B' iv Xtti 7i[ip3|ilT((;);ov iv ^xotXixaî; r, îr,|ioiriaiî vBïipetriai; -vEïôiiîto;.