Ibid
*. Diog. L., X. m.
S. Diog. L., 133 et buIt. Cf. Uaener, p. S» et buIt.
t. et. Gaj&n. La morale d'É^cure, Paris, 1878.
Hiit. d* I« Lilt. graeqna. ~ T. V. 5
66 CHAPITRE II. —PHILOSOPHIE AU III' SIÈCLE faction des sens : théorie bien confi^rme k sa conception générale des cho8cs,qui ramène tout à la sensation. 11 a sur ce sujet des aphorismes d'une liardiesse un peu scandaleuse, d'un cynisme prémédité. « Supprimez, disait-il, les plaisirs dos sens, je ne vois plus rien qui mérite le nom de bien '. o Ou encore : « Le bien, la vertu et toutes les choses de cette surtc méritent d'être honorées si elles apportent quelque plaisir; sinon, non ^. » — «Je crache sur le bien qui ne me procure aucun plaisir, et je méprise ses frivoles admirateurs '. » Suit-il de là que l'homme doive s'abandonner à toutes ses passions, ou suivre en aveugle, comme les bètes, l'attrait du plaisir? Non. 11 y a d'abord de faux plaisirs, des plaisirs purement illusoires, comme il y a des douleurs imaginaires. Tels sont les plaisirs de l'ambition, de la gloire, qui ne sont que chimères *. Do plus il y a des plaisirs qui produisent des douleurs, de même que certaines douleurs sont suivies de plaisir. La débauche et la plupart des vices sont, au total, une mauvaise affaire. La saine raison pèse les avantages et les inconvénients de chaque chose, et fait son choix en conséquence *. Savoir faire ce choix, c'est la véritable sagesse (çpâv))'îi() '. Avec la sagesse, on arrive facilement au bonheur. Épicure se moque des pessimistes^. 11 croit que la nature, somme toute, est bonne, et que la plupart des maux qui troublent la vie humaine sont des créations de notre imagination chimérique. La crainte de la vie future, qui agite tant d'hommes, n'est fondée que sur l'ignorance de la physique. La crainte de la mort n'est pas plus raisonnable : la mort n'est effrayante