‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 458 sur 514 · MUSÉE · texte numérisé non relu

MUSÉE

ment à l'école de Nonnos '. >'ou8 avons sous son nom un poème en 340 hexamètres, justement renommé, qui tient à la fois de l'épopée alexandrine et du roman d'amour». C'est l'Histoire d' Béro et de Léandre Çîè. axH' 'Hfù xoti Aéamîpov). II y raconte comment le Jeune Léandrc d'Abydos, venu à Sestos pour une fête, y aima ta belle llcro, prêtresse d'Artémis; comment, aime d'elle à son tour, il venait la trouver la nuit en francliissant à la nage l'Hellespont, lorsqu'elle allumait un signal de feu sur la tour qu'elle liabitait; comment, une nuit, le signal ayant 6té éteint par le vent, Léandre, ballotte au hasard par les flots, se noya; et comment eniin lléro, voyant le cadavre rejeté sur le rivage, se donna la mort en se précipitant du haut de sa tour. L'aventure en elle-même est touchante, et le poète a su, malgré quelque afifectation, !a raconter avec une grâce émue. Il exprime, aussi simplement qu'on le pouvait alors, des sentiments naïfs et sincères, qu'il a le bon goût de ne pas délayer. Ses personnages ont un naturel délicat et nous attachent. C'est, de toutes les œuvres de la poésie grecque finissante, celle qui a le plus de charme. Elle n'a cessé (l'être lue et goûtée jusqu'à notre temps, et elle le mérite '.

1. SchwabB, De Mutao Nonni imilatore. Tobingue, IS76. Agalhias (Anthol-, Y, 263) semble faire allusion à son poème ; do même dans son Huloire, V, it. Musée ne peut donc être postérieur an vi* siècle, puisque Agalhias est mort vers S80.

2. Éd. priuc. Aide, Venise. iH4. Éd. de Pagsow. Leipzig. 1810, reproduite et am^iiorée par K. Lehra dans VBéiiode Didoi. Paris, 1839. Éd. critique de Dilthey, Bonn, 187*. — Notes critiqu-s de A. Koecbl;, De Hutxi grammalici aidice Falatino, Heidelberg. 1865 ; de A. Ludwich, Jahrb. f. clan. Phii., 1873, 187*, 1876, 1878; de Al. Riach, Zeilieh. f. d. oeitin-. Gijmn., 1878.

3- G. Knaack, Hero und Leander (dans le recueil intitulé Fettgabe far Franz Suiemiht\ Leipzig, Teulmer, 1898. Selon Knaack, Musée n'aurait fuit qu'imiter Gallimaque. En tout cas, c'est être original que d'imiter avec goftt.

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i004 GHAP. Vill. — LA FIN DE L'HELLÉNISME

L'école deNonnos semble avoir prolongé son inlluence sur l'épopée jusqu'aux derniers temps del'Iiellénîsme.On croit encore la sentir au vu" siècle clioz le poète Georges de Pisidie, qui fut diacre do Sainte-Sophie sous Héraclius (610-641)'. Auteur d'une Héraciiade, où il racootail la victoire d'Héraclius sur Chosroès, Georges retraça, dans divers poèmes historiques, les grands événements de son temps, expéditions contre les Perses, défense de Gonslantinople attaquée par les Avares ; il composa aussi des poésies religieuses et morales, qui le classent bien plutôt parmi les littérateurs byzantins^. Mais en un autre sens, il est le dernier des poètes de tradition grecque.

Deux autres genres de poésie, plus modestes, n'avaient cessé d'être en honneur dans la société grecque de l'empire: l'épigramme, d'une part, et la poésie amoureuse, dite Anacréontique, de l'autre. L'une et l'autre 80 condensent, pour ainsi dire, au temps où nous sommes arrivés, dans des recueils qui nous fournissent une occasion naturelle d'en reprendre l'histoire et delà conduire à sa Qn.

Nous avons parlé plus haut des recueils d'épigrammes de Méléagre, de Philippe, de Straton, et de quelques autres. Au vi^ siècle, une œuvre analogue fut tentée par Agathias de Myrrhina, qui fut avocat à Constantinople sous Justinien, se fit connaître par un ouvrage historique dont nous parlerons plus loin, et mourut entre 577 et 582. Poète d'épigrammes lui-même, il eut l'idée de composer un recueil d'épigrammes « nouvelles » (K'>

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