Aulu-Gello. SIX
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PSEUDO-AN AORÉON 1011
bre de ces morceaux. Mais tous ces poêles anonymes jouent avec des images, des tours de phrase, des inventions, des souvenirs, qui se répètent sans cesse. L'imitation est le fond même de leur poésie. On ne saurait tirer de toutes leurs chansons un renseignement quelconque, ni sur eux-mêmes, ni sur les personnes ou les choses de leur temps.
Le recueil dont nous parlons est manifestement un extrait de plusieurs autres analogues. Il y a lieu do croire que de tels recueils ont dû être assez nombreux dans les derniers siècles de l'hellénisme. Celte poésie, facile et frivole, convenait bien, par son élégance superficielle, à cet âge de sophistique. Sans parler des poésies chrétiennes de forme anacréontique dues à Grégoire de Nazianze el à Synésios, d'autres manuscrits que celui de l'anthologie palatine conservent encore des séries de chants du même genre. Parmi ceux qui ont été publiés, un manuscrit de la bibliothèque des Barherinî nous a livré une sorte de courte anthologie anacréontique, oîi figurent spécialement des poètes des derniers temps de l'hellénisme ou de la période byzantine ' , >"ous y retrouvons l'école de Gaza dont nous avons parlé plus haut; et nous savons d'ailleurs qu'elle était précisément renommée pour la poésie anacréontique -. Sans doute, comme l'a supposé Crusius (arl. cité), ce genre dut être florissant, aux v" el vi» siècles, parmi les maîtres et les étudiants des écoles de rhétorique ou de droit do Bérytos, de Césarée.de Gaza. Un morceau du recueil en question, sans nom d'auteur, est dédié à un Colouthos, qui semble bien être l'auteur de l'Enlèvement d'Hélène^.
1. Barberinus SiG (xi' siècle), publié daos Bergk, Paelm lyr. gi\, t. III, p. 339, sous le titre do Appendix Anacrtonteorvm.
2. Scol. de Jean de Gaza, Description : 'Eiî.iïifioi to'jhi4 tï.î itilHos 'luâvvi);, npoxinio;,.. -KoCl ol TÛv 'AvaxpiavtEiuv no:T|Ta< fiâfOpoi.
3. Le ms. donne un nom estropié, 'AxDÏaùAou. La realilution du vrai nom est due k H. Wcll {Revue criL. ISTO, p. tOl).
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1013 CHAP. VIII. — LA PIN DE L'HELLÉNISME Six poèmes d'étendue diverse y portent le nom de Jean de Gaza déjà mentionné plushautparmi tes poètes épii^ues et les sophistes du vi« siècle. Au même temps semble appartenir Georges le Grammairien, dont il nous reste huit morceaux. D'autres poèmes du même recueil soQt l'œuvre de poètes obscurs du ix" ou du x' siècle (Constantin de Sicile, Léon, etc.) >"ou8 saisissons donc là sur le fait la durée d'un genre qui devait so perpétuer dans la période byzantine : il n'y avait, en elTct, aucune raison pour qu'il disparût, puisqu'il ne tenait à aucune institution ni à aucun temps. Toutes ces poésies sont étrangement fastidieuses, soit par leur platitude maniérée, soit par une obscurité qui provient à la fois du vague de la pensée et de la rcclierche impuissante de l'expression '.
Un dernier recueil en vers, qui semble avoir été constitué au temps de Justinien, doit être encore mentionné ici : c'est celui des Oracles Sibyllins (XpucjLos Si€uXXtxxo:]'. Les poésies, judéo-helléniques et judéo-chrétiennes, qui le composent, n'avaient primitivement aucun lien entre elles: les plus anciennes (1. III, 97-294 et 4S9- 828) paraissent remonter jusqu'au temps d'Antiochus Épiphane (171-168 av. J.-C); d'autres (1. IV) datent des années qui suivirent l'éruption du Vésuve (79 ap. J.-C);
1. La structure par stances et refrains (olxei, xauxoûXtal, qui y est ordioaire, y rféaotc sans doute l'inUueuce d'uB accompaguenient musical.
3. Édités pour la première tois à fiftie. ches Herbsl, 1545: complétés peu i peu, gr&ce & d# nouvelles découverteg, en particulier par AQgelo Mai, qui publia en ISIT le livre XIV, relrouTi par lui à Milan, et, en ISig, les livres XI. XII et XIII. d'après des mss. du Vatican. Éditions de C. Alexandre, avec des Exenr- SQs très importants, Paris. Didot, ISil et 1S69 ; de Prledlieb, Leipzig, tSSi; de A. Rzacb, Leipzig, tS91, texte critique, le meilleur que noua ayons aujourdliui. Sur les parties du recueil et leur histoire, voir Bouché -Leclercq, Bâl. dt la divination, t. II, p. i03-2lt, et la note 1 de la page 200.
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